I. On confond travail et travail pénible
a. On confond la question historique et la question philosophique. Philosophiquement, le travail, le travail dur et pénible, est la condition naturelle de l'homme. Dieu lui avait ùtc ce qu'il a de pénible pour ne hii laisser C£ue ce qu'il a d'utile et d'agréable ; le péché a remis les choses dans l'état naturel, l'état que le philosophe étudie.
3. On confond peine et peine. 11 y a la peine infamante, et il y a la peine médicinale, cxpialrice, qui relève et réhabilite.
Pouvait-on relever davantage le travail <[u'en montrant le Dieu fait homme travaillant à côté de son père et de sa mère dans l'atelier de Nazareth, et qu'en inculquant à tous la loi du travail dans un monde où le travail manuel était trop souvent laissé à l'esclave, et regardé comme œu\re scrvile, comme indigne d'un homme libre ? M'est-ce pas saint Paul qui disait à ces Grecs bavards et fainéants ; « Qui ne veut pas travailler, qu'il cesse aussi de manger » ') •2 Thess. lu, lo. Plus encore cjue de parole, il prêchait
D'antres questions se posent plus intéressantes encore : Qu'eût été sans la chute l'état social de l'humanité ? « Tous les hommes auraient-ils été égaux ? )) C'est saint Thomas qui pose la question en ces propres termes. 11 répond d'ahord que rien n'empêche qu'il y eût entre eux certaines inégalités de valeur personnelle ; quelques-uns auraient plus et mieux appris, plus et mieux pratiqué la vertu, tels et tels auraient davantage porté leur activité, de tel et tel côté ; ceux-ci auraient été plus grands ou plus forts, ceux-là plus beaux, d'autres plus habiles, etc. (r). Poussant plus avant, il demande s'il y aurait eu des inégalités sociales, ceux qui commandent et ceux qui obéissent, ceux qui servent et ceux qui sont servis, etc. Il faut distinguer, répond le saint Docteur. Il y a les relations de maître à esclave, et celles-là n'auraient
d'exemple : les Actes nous le montrent exerçant son métier de tisserand. Act. i8. 3. Lui-même revient sans cesse sur ce point ; et il n'est rien dont il se Aante tant, et qu'il rappelle si souvent. Cf. .Ici. xx, 3!^ ; i Cor. iv, i3 ; i Thess. n, {) ; u Thess. m, 8.
JN'est-ce pas l'Eglise qui a relevé le travail en relevant les travailleurs, qui l'a sanctifié, qui en a fait une loi pour tous ? Longtemps avant les sociétés modernes et mieux qu'elles, elle avait dit les avantages et la dignité du travail. Voir le beau discours du P. Félix sur Le travail, et la belle conférence du P. Monsabré sur Jésus ouvrier.