CHAP. III. L ELEVATION PRIMITIVE
qu'il a, tout ce qu'il est. Les communications amoureuses entre Dieu et quelques âmes saintes peuvent nous donner peut-être une idée lointaine de ces délicieuses relations. Encore est-il vrai que les saints les plus innocents n'oublient guère, même dans leurs épanchements les plus passionnés, qu'ils sont pécheurs et positivement indignes des faveurs et de l'amour dont ils sont inondés — et cela n'ôte rien peut-être à la vivacité ni aux élans de leur amour, mais cela y met je ne sais quelle nuance de confusion, d'humble étonnement, de reconnaissance émue^ qui n'eût pas été la même dans l'état d'ionocence.
Voilà donc, autant que nous pouvons nous en faire quelque idée, ce qu'était l'idéal divin sur l'humanité. Combien différente est l'histoire réelle ! La liberté humaine a tout gâté. L'histoire sera celle de l'humanité déchue et pécheresse.