CHAP. VII. LE PECHE ORIGINEL
luthériennes, la Solida Declaralio ou explication substantielle des doctrines formulées dans l'Epitoine.
Voici les principaux points qui ont trait à notre sujet. Dans YEpitome, l'article premier a précisément pour titre Le péché originel. A ient d'abord l'état de la controverse entre protestants. La question est celle-ci :
c( Le péché originel est-il proprement et sans diflérence aucune la nature corrompue de l'homme, sa substance, son essence, ou du moins la principale et meilleure partie de son être, comme cpii dirait l'àme raisonnable elle-même, en ce qu'elle a de plus haut et dans ses facultés supérieures ? Ou bien entre la substance de l'homme, sa nature, son essence, son corps, son âme, y a-t-11, après la chute et le péché originel, quelque dilTércnce, de sorte que autre chose est la nature, autre cliose le péché originel implante dans la nature et corrompant la nature ') »
Piéponse positive : « Nous croyons, enseignons et confessons qu'il y a une dilTérence même après la chute et dans l'état présent... entre la natute et le pL'chc originel, et que cette différence est aussi grande que la difiércnce entre l'œuvre de Dieu et l'œuvre du diable.
« 3. Nous croyons, enseignons et confessons en revancbe, que le péché originel n'est pas une corruption quelconque de la nature humaine, mais une corruption si profonde qu'il ne reste rien de sain ou
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d'intact au corps et en l'àine de l'homaie ni en ses puissances internes ou externes... Mal qu'on ne saurait dire, qu'on ne peut reconnaître par la raison, mais seulement par la parole de Dieu ; la nature et cette corruption de la nature, nul ne saurait les séparer que Dieu seul. »
Suit le rejet des erreurs opposées :
« D'après cela, nous rejetons et condamnons la doctrine que le péché originel n'est qu'un renias, ou une dette [Schuld) ; elTet d'une cause étrangère, "sans corruption aucune de notre nature.
« 2. De même, que les mauvaises passions ne sont pas des péchés, mais des propriétés natives, essentielles de la nature, que le déficit ou mal susdit n'est pas im vrai péché pour lequel l'honune en dehors de Jésus-Christ doit être un enfant de colère.
« 3. De même, rejelons-nous l'erreur pélagienne, suivant laquelle la nature de riiomnie, même après la cliute, est restée intacte, el notamment qu'elle est dans les choses spirituelles toute honne et pure, in luUuraUbns, c'est à-dlre dans ses forces naturelles.
« /|. De même, que le péché originel n'est qu'une simple petite tache, tombée du dehors, une souillure de surface sous laquelle la nature aurait gardé ses bonnes puissances, même en choses spirituelles.
(c 5. De même, que le péché originel ne serait qu'un obstacle extérieur aux bonnes puissances spirituelles, et non une privation ou manque de ces puissances, comme quand on frotte un aimant avec