CHAP. VIII. LA REPARATION
On ne peut pas dire loul à fait la même chose pour les enfants morts sans baptême (i). Eux, en cftct, sont exclus à jamais de la xision divine sans fpie leur volonté propre y soit pour rien. La justice de Dieu n'y est pas en cause ; car ils ont tout ce que réclame leur nature, et, si Dieu a été moins libéral pour eux que pour d'autres, encore est-il que pour eux aussi il est bon et miséricordieux. Mais on peut se demander si et comment on peut dire que Dieu voulait aussi leur salut, si et comment il avait préparé pour eux aussi les moyens strictement nécessaires. Ce n'est pas le lien de traiter longuement la question. Elle appartient à l'étude de la Providence surnaturelle, que nous ferons peut-être un jour, s'il plait à Dieu (a). 11 nous suffit pour le moment que, ici encore, la justice et la bonté de Dieu soient hors de cause, four le reste, un mot suffît. L'enfant n'a pas encore, pour ainsi dire, de personnalité distincte : il est tout dépendant des autres, tout dépendant des causes secondes. On comprend dès lors que Dieu, qui accommode si souvent sa Providence surnaturelle au jeu
(i) Aux enjanls il faut jouii.lrc les aduUosdoat la raison n'a pas été suffisamment développée, tous ceux cpil n'ont pu faire vm arle pleinement raisonnable et délibéré, un acte moral.
(2) Les conférences de i9o3 ont eu pour objet La Providence surnaturelle. Elles paraîtront dans l'année.
des causes naturelles, tout en voulant le salut de ces petits êtres, ait voulu que ce salut leur vînt par les causes secondes, et en dépendit. Exemple nouveau de cette grande solidarité humaine, disons plus, de cette solidarité entre tous les êtres que l'on constate partout dans le plan divin, et dont notre solidarité en Adam et en Jésus-Christ forme un des traits les plus mystérieux et les plus grandioses.