‹ Nature et surnaturelChapitre 50 sur 89 · CHAP. X. LA CO>"STATATION DU SURNATUREL · texte numérisé non relu

CHAP. X. LA CO>"STATATION DU SURNATUREL

ont VU. C'est ce qu"Ovicle constatait clans les hémistiches si souvent cités ; c'est ce que saint Paul disait de lui-même, en se voyant sans la grâce ; c'est ce que les théologiens ont mis en thèse quand ils soutiennent l'impossibilité pratique où nous sommes, avec nos seules forces, d'observer toute la loi naturelle. De ce fait il faut conclure que Dieu n'a pas dû nous laisser à nos seules forces. Comme, d'autre part, le secours divin ne nous estolTert, en fait, que par la religion du surnaturel, cette constatation de notre insuffisance naturelle devient un témoignage intime en faveur du surnaturel. Comme, enfin, la grâce est toujours offerte à qui ne la repousse pas, et que cette grâce, en nous faisant mieux sentir encore noti'e misère et notre insuffisance, nous aide en même temps à élever les yeux et le cœur vers les montagnes d'où peut venir le secours, nous fait crier misère et appeler le médecin céleste, on peut dire que nous sentons en nous un vide que le surnaturel seul peut combler, et que notre nature, avec, il est vrai, l'intervention delà grâce, appelle elle-même le surnaturel.

On peut tirer des conclusions analogues de ce grand fait général constaté par l'histoire, et formulé par le Concile de Vatican, que l'humanité, laissée à elle-même, ne peut arriver, pratiquement, sans un secours supérieur, à la somme de vérité religieuse et morale nécessaire à la vie, qu'elle ne

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peut, par conséquent, se suffire à elle-même. Il faut donc que Dieu lui ait préparé quelque réservoir oii elle puisse ctancher sa soif inassouvie. Il n'y en a pas d'autre, en fait, que la révélation surnaturelle. Ici encore le surnaturel vient combler un vide, suppléera une insuffisance.

Il n'en faut pas conclure que le surnaturel sort strictement exigé par notre nature. Car Dieu avait des moyens naturels en réserve qui eussent été suffisants. Mais on en peut conclure que l'homme réel, tel que nous le voyons, meurt d'anémie sans le surnaturel. Qui ne veut pas du surcroît qu'on lui offre, n'aura pas le nécessaire.

Enfin ne pouvons-nous pas constater en nous certaines aspirations au surnaturel ? « Malgré moi l'infini me tourmente », chantait le poète. « Notre cœur est inquiet, disait saint Augustin, jusqu'à ce qu'il se repose en Dieu. » Est-ce proprement le besoin du surnaturel? C'est le besoin de Dieu, c'est le cri du sentiment religieux, inné en l'homme, et qu'il est aussi difficile d'étouffer qu'il est dilficile d'étouffer le désir de savoir ou le besoin d'aimer. Et ici encore, le surnaturel seul répond, en fait, à ces aspirations de la nature.

Il y a plus, il est possible, en vertu des grâces reçues, que nous ayons de vraies aspirations au surnaturel proprement dit. Quel chrétien ne désire, au moins de temps en temps, voir Dieu lace à

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