‹ Nature et surnaturelChapitre 57 sur 89 · ÉPILOGUE. MARIE IMMACULEE oll · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. MARIE IMMACULEE oll

pond mieux à l'idée divine de Marie. On ne peut distinguer en elle la fdle de l'homme et la Mère de Dieu ; elle est, pour ainsi dire, toute Mère de Dieu ; elle n'est fille de Thomme que pour cela : il n'y aurait pas de Marie s'il n'y avait pas eu Jésus, On ne peut donc la concevoir un moment en dehors de son Fils, séparée de son Fils. Dès lors la grâce préservatrice précède la dette. Jésus aura une Mère toute pure : c'est entendu. Mais cette Mère doit naître de la race d'Adam, elle doit appartenir à la nature pécheresse. A Dieu ne plaise que la Mère de Jésus soit soumise à cette loi. Tout entière ordonnée au Rédempteur elle n'a la grâce que par lui, et la grâce qui la préserve est une grâce rédemptrice. Rien n'empêche d'entendre en ce sens la Rédemption plus suhlime dont parle la Rulle Ineffahilis Deas.

Marie reçut-elle la grâce sans en avoir conscience, comme les enfants au Baptême, ou bien en eut-elle connaissance, comme saint Jean- Baptiste;* On n'hésite pas à dire qu'elle en eut connaissance. On est même porté à croire que, comme Adam et les Anges, elle s'y disposa en vertu de la grâce prévenante de Dieu, de façon à la mériter de congriio par la correspondance la plus parfaite à la touche divine qui l'éveillait à l'amour en l'éveillant à la vie. Dès lors, Marie fut tout entière orientée

vers Dieu, et cette orientation active ne connut ni détour ni interruption. Quant à la mesure de cette grâce, rien n'en saurait dire l'intensité. La beauté surnaturelle de la Vierge est incomparable dès le premier moment, incomparable la force de son vol vers Dieu. Les saints les plus consommés en sainteté, les Anges les plus près du Irùne de Dieu restent loin de la Vierge à son aurore. Avec la grâce, avec les vertus surnaturelles, avec les dons du Saint-Esprit, toutes choses inséparables dans l'àme où Dieu vient habiter en personne, Marie reçut le don d'intégrité parfaite qui, dans Adam, accompagnait comme naturellement la grâce sanctifiante : en elle, pas plus cpi'en Adam ou en Jésus, pas le moindre mouvement de convoitise, pas même le moindre principe de désordre : la grâce ordonne et domine tout ; les passions attendent, pour remuer, l'ordre ou la permission de la volonté : c'est l'harmonie parfaite perdue depuis le péché d'Adam. C'est une des grandes différences entre la Vierge et les saints les plus privilégiés de l'humanité pécheresse ; Marie communique parfois quelque chose de cette intégrité angélique à tel ou tel de ses enfants privilégiés ; mais le domaine parfait de la volonté sur toutes les passions esl, pour la race d'Adam, leprivilège de l'autre vie. Quant aux autres dons préternaturcis, qui, dans Adam, complétaient la justice originelle,

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