‹ Nature et surnaturelChapitre 59 sur 89 · ÉPILOGUE. MARIE IMMACULÉE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. MARIE IMMACULÉE

son effet, en qui Dieu réalise son idéal ; c'est dès lors Marie modèle de toutes les vertus et nous invitant à la suite de Jésus avec une force et une douceur merveilleuses. Ainsi Marie tout entière est déjà dans l'Immaculée Conception, et ce fait, qui semblerait d'ordre tout intime et tout personnel, jette à lui seul un grand jour sur l'œuvre rédemptrice, sur la nature et le caractère de la revanche divine, sur le rôle de la nouvelle Eve à côté du nouvel Adam dans la restauration surnaturelle.

La lumière projetée de là sur les questions traitées dans ce livre est plus vive encore et, pour ainsi dire, plus directe. Rien ne montre mieux cette distinction capitale de la nature et du surnaturel sur laquelle repose toute notre étude ; nous y voyons également la distinction du surnaturel proprement dit et du préternatuiel. De tout cela se dégage une notion plus précise du surnaturel et de la vie de Dieu en nous ; une notion plus précise aussi des divers états de l'homme par rapport au surnaturel, élévation, chute, réparation, état présent ; une notion plus précise du péché originel et de la beauté à la fois physique et morale que donne à noire àme la grâce sanctifiante ; une notion plus précise enfin de l'œuvre du Christ, de sa plénitude et de sa surabondance. Comme le dogme de la maternité divine de Marie résumait, dans les premiers siècles, les luttes et les victoires de la vérité

catholique contre toutes les hérésies qui méconnaissaient ou défiguraient le Christ, on peut dire que le dogme de l'Immaculée Conception résume les luttes et les victoires de l'Eglise contre les grandes erreurs qui, dans les quatre derniers siècles, se sont attaquées au surnaturel, ou pour le nier ou pour en fausser la notion (i).

(i) Il n'appartient pas à notre sujet de faire ici l'iiistoire de ce dogme, depuis la première révélation implicite (Marie toulc sainte, Marie inséparable de Jésus, Marie nouvelle Eve, tout ce qui constitue Vidée chrétienne de Marie) jusqu'à la croyance explicite, contestée d'abord, puis généralement reconnue et solennellement définie. Le P. Le Bachelet vient, après Mgr Malon, après M. Sire et M. Dubosc de Pesquidouse, après beaucoup d'autres encore, de la refaire avec une grande précision de détails, avec beaucoup d'érudition et de critique, dans deux volumes de la collection Science et Religion, sous le titre : L'Immaculée Conception, courte histoire d'un dogme. Paris, Bloud, igoS. Voir notamment, t. II, p. 55, la réponse à la question de Harnack : « Quand et à qui s'est faite cette révélation ? »

On a montré plus d'une fois la merveilleuse opportunité de la définition, les convenances da dogme et ses attaches non seulement avec l'idée catholique de Marie, mais encore avec d'autres points importants de la doctrine chrétienne. Voir, par exemple : Mgr Pie, Homélie du 8 décembre i854 ; De la Broise, La Sainte-Vierge dans la pensée et le culte catholique au xix" siècle. Etudes, t. LXXXIII, p. 289 et 45i. Quelques remarques aussi dans Un siècle, chapitre sur Le mouvement du dogme et de la pensée catholique au xix' siècle j Le P. Lehmkuhl a présenté au Congrès mariai de Fribourg, août 1902, une étude remarquable à ce sujet.

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