‹ Nature et surnaturelChapitre 6 sur 89 · CHA1>. I. L\ CONCEPTION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

CHA1>. I. L\ CONCEPTION CATHOLIQUE

l'étude est singulièrement intéressante et instructive, non seulement pour le théologien de profession, mais pour quiconque s'intéresse à l'histoire de sa croyance, à la genèse des formules qu'il répète comme l'expression de sa foi, à l'intelligence même de la vérité dogmatique. Nous avons là, en même temps qu'une lumière pour toute la question delà nature et du surnaturel, un de ces cas précis d'évolution dogmatique, si utiles à étudier pour avoir sur cette importante question mieux que des idées vagues ou des principes abstraits.

J'ai dit que le fait avait, à première vue, quelque chose de déconcertant. ^ oici pourquoi : c'est que, aux questions que nous nous posions tout à l'heure, l'Eglise, au lieu de nous donner une réponse, semble nous en donner deux, tantôt l'une, tantôt l'autre, tantôt l'une et l'autre à la fois, selon le temps, les personnes et les circonstances. Et le mal est que ces deux réponses semblent fort peu cohérentes entre elles ; on pourrait presque dire que c'est le oui et le non sur la même question.

De ce fait, que révèle une étude sérieuse et attentive, je ne puis vous fournir ici que des échantillons. Ce sera assez pour vous donner ime idée du problème et delà difficulté.

Le 1" octobre 1667, le pape saint Pie V condamnait un certain nombre de propositions, la plupart extraites textuellement, ou avec quelques

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modificalions insignifianlos, des écrils d'un professeur de Loiivain, Michel de Bay, en latin liaiiis.

Les proposilions condamnées roidenl presque loules sur la cpieslion même qui nous occupe, sur la nalure et le surnaliuel, sur l'clévalion de riionime et l'étal d'Adam, sur la déchéance et l'état présent de riminanitc.

Selon Bains, l'état naturel de l'homme était l'état même d'Adam ; les privilèges de cet état étaient la condition même de la nalure innocente ; la vision héalifique, le terme naturel vers lequel Dieu devait nécessairement l'ordonner en la créant. D'où il suivait, comme nous le montrions en commençant, qu'en perdant ces dons, c'est la nature même qui est mutilée, corrompue. D'où il suivait encore que l'homme nait mauvais ; que sa liherlé naturelle a disparu ; que, dans l'état déchu, il est incapahle de tout hien ; que les prétendues vertus naturelles ne sont que des vices déguisés ; que Dieu ne pouvait créer l'homme innocent tel qu'il naît présentement ; et qu'enfin la seule explication possible de la mort, de la douleur, des autres misères de la vie, est dans le péché originel.

Yoilà ce que l'Eglise, par la bouche de saint Pie V, a condanuié dans Baius, comme elle avait déjà, mais beaucoup moins nettement, condamné les germes de ces mêmes erreurs dans Luther et dans (<al\ln.

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