QUATRIÈME LEÇON
Lundi 10 décembre 1900.
LE SURNATUREL ET LA NATURE
DISTIiNCTION ABSOLUE, UNION HARMONIEUSE
Nous abordons réludc j^lus intime des rapports entre le surnaturel et la nature. INous verrons aujourd'hui comment ils se distinguent et jusqu'où ils s'appellent, comment ils s'unissent et se continuent dans la vie surnaturelle.
I. La Distinction des deux ordres. 1. Le fait. Il ressort : I. De l'idée même de surnaturel (i'° leçon).
Le surnaturel strict est d'ordre divin, donc au-dessus des forces et des exigences de la nature ; le préternaturel est d'ordre supérieur à telle nature.
•?. De la considération du surnaturel, tel que Dieu l'a réalisé en Adam (2" leçon).
L'Eglise noiis dit que ni la vision de Dieu, ni la grâce, ni l'immortalité ou les autres dons préternaturels n'étaient dus à la nature du premier homme. La raison parle de même.
2. Conséquences de cette distinction, i. La nature sans la grâce, ne peut ni exiger, ni désirer efficacement, ni mériter en aucune façon, ni demander rien de surnaturel, ni même s'y disposer positivement. Comment les Jansénistes devenaient Pélagiens.
2. 11 y a seulement dans la nature l'aptitude au surnaturel, et dans la volonté libre le pouvoir de résister à la grâce, ou, avec la grâce, de consentir
à la grâce. En quoi sens on peut parler d'un appétit naturel du surnalurel.
3. Remarques sur les apulog cliques qui concluent de la nature au surnaturel.
1. Auli'e chose est la considération de la nature et du surnatut^el, autre chose la considération de l'homme tel que je le vois et de l'homme tel qu''il doit être.
2. Autre chose est l'exigence réelle du surnaturel, autre chose l'exigence logique. On peut dire ; Le surnalurel est un postulat de la raison, sans dire : La nature a droit au surnaturel.
3. Au Ire chose est l'exigence d'un surcroit, qui, en fait, se trovive être le surnalurel, autre chose le droit au surnaturel même.
/|. D'où la Conclusion : Lue apologétique qui se ■ contente de dire : L'homme tel que je le vois ne s'explique pas par la seule considération de sa nature. Donc il doit y avoir autre chose, n"a, de ce chef, rien que d'orthodoxe. Nous verrons plus lard sur quoi elle peut s'appuyer.
^1. Remarques sur quelques expressions de saint Thomas. Quand saint Thomas seud^le dire que l'homme ne saurait êlre heui'cux sans Aoir Dieu face à face, ce n'est pas pour conclure c|ue la vision intuitive soit naturelle, ni due à 1 homme. Son but est de montrer la suprême perfection que la nature en reçoit, et connnenl dès lors la nature, en cherchant sa perfection, cherche la vision de Dieu, où est, en fait, cette perfection.
Depuis on a dû parler d'une façon plus circonspecte, on a dû montrer avec plus de soin que Vexlgence proprement dite ne saurait aller avec l'idée du surnaturel, ("est un progrès théologique, dont doivent se féliciter tous ceux qui ont à cœur le progrès de la science catholique.
2. L'union des deux ordres. 1. Idée génércde. Type idéal de cette union : l'Incarnation du Verbe.
Comment s'en rapproche, comment en diffère l'union en nous de la natui-e et du surnaturel. Relour sur quelques comparaisons traditionnelles. Distinction entre les dons créés et le don incréé.
2. Essai cVanalyse, i. La nature soutient le surnaturel, et le surnaturel s'adapte à la nature. — Comment il prend tout l'être humain, et comment on a pu projeter dans l'ordre surnaturel toute la psychologie.
2. La nature coopère avec le principe surnaturel, et le principe surnaturel élève l'énergie de la nature, de sorte que le même acte est tout entier produit par les deux principes.
La notion d'instrument, celle do puissance obcdcnticUc. — Fausse conception des l^roteslants qui font de la nature un instrument inerte. — En cjuoi se ressemLlcnt, en quoi diffèrent un acte d'amour naturel et un acte d'amour surnaturel.
3. Le surnaturel domine et transforme la nature, sans l'ien détruire. Diverses étapes, depuis la simple présence dans l'enfant haptisé, jusqu'à la direction de tous les actes par le Saint-Esprit et la vie de Jésus seul en nous. — Dieu la vie de notre âme comme notre àmc est la vie de notre corps.
Parmi les auteurs cités f. i, voir surtout J. B. Teriuen, La grâce et la gloire, passim ; Schebeen, Do(jmatiijue, t. 3,