‹ Nature et surnaturelChapitre 66 sur 89 · SONT-ILS AAHS, SO.NT-U.S ENNEMIS · texte numérisé non relu

SONT-ILS AAHS, SO.NT-U.S ENNEMIS

I. Les opinions. Les Catholiques répèlent sur tous les tons que la grâce perfectionne la nature ; d'autre

part, ils ne parlent que de lutte et d'opposition entre la nature et la grâce. N'est-ce pas contradictoire?

Les Rationalistes de tout camp et de toute nuance disent que recevoir le surnaturel, c'est déprimer la nature, c'est abdicjucr.

Les écoles les plus diverses, depuis certains faux mystiques du moyen-àge jusqu'à Molinos et juscju'au Quiélismc, en passant par les sectes protestantes ou jansénistes, établissent le surnaturel sur les ruines de la nature.

2. Remarques sur l'état de la question. Tous ceux qui admettent que, dans l'état présent, la nature est foncièrement corronqDue doivent viser à diminuer ou à supprimer la nature pour faire place au surnaturel ; Luther, Calvin, Molinos, etc.

2. Quand même les Rationalistes diraient vrai il faudi'ait, si Dieu l'exige, s'incliner devant la volonté divine; il le faudrait à double titre si la raison même nous amène à reconnaître la nécessité d'un surcroît, c[ui est, en fait, le surnaturel. Il est déraisonnable de vouloir pour l'iiomme l'indépendance absolue, et de refuser (( l'aumône divine », commesi la nature n'était pas, elle aussi, un don de Dieu !

3. Ce que les Catholiques voient dans la nature quand ils la disent en lutte avec la grâce c'est tantôt la nature avec ses attraits sensuels, tantôt la nature avec son orgueilleuse suffisance et ses désirs d'indépendance absolue.

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