La solution chrétienne et philosophique
jN. B. I. Il y a parfaite analogie entre la question de la nature et de la grâce et celle do la raison et de la foi. Ou plutôt c'est la même question, vue dans toute son ampleur ou vue seulement dans une de ses principales applications. Aussi les difficultés sont-elles les mêmes, comme aussi les réponses ; et l'on pourrait se contenter
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de renvoyer aux belles études de nos grands évoques, de nos théologiens, de nos apologistes, sur la raison et la foi, 2. Il y a analogie, non identité absolue, entre cette question et celle des relations dans l'homme entre l'âme et le corps, entre la partie sensible et la partie raisonnable.
1. Si l'on regarde la nature et le surnaturel en soi et comme dans l'abstrait, le svirnaturel n'ôtc rien à la nature ni ne l'empcclic de se développer pleinement avec ordre et harmonie ; il élrve seulement ses énergies et les dirige vers des hauteurs divines.
Objection tirée de la nécessité de se dominer et de se mortifier, et de la perte d'une incertaine indépendance.
2. Si l'on l'egardc les réalisations les plus hautes du surnaturel, en Notre-Seigneur Jésus-Christ, eu Adam, dans la Sainte Vierge, on n'y voit que profit pour la nature et grandeur incomparable.
3. Si l'on regarde les conditions actuelles de notre vie surnaturelle, il faut distinguer :
En soi, la vie surnaturelle n'exige que les sacrifices déjà nécessaires pour réaliser pleineinent notre être humain, c'est-à-dire notre perfection d'être raisonnable.
Mais le mode de rédemption choisi par Notre-Seigneur a introduit dans la vie surnaturelle des éléments d'ordre spécial, l'amour et l'imitation de Jésus, et par là pousse à des actes que l'on peut en un sens regarder comme contraires à la nature, même raisonnable (stultitia enim est illi, i Cor. 2, i4) ; mais ces actes rentrent dans un ordre supérieur, que la nature même approuve et dont elle profite, si bien qu'ils sont plutôt, eux aussi, au-dessus delà nature que co/)<re la nature. Exemples et applications dans la vie des Saints.
De deux tendances difTércntes dans la vie spirituelle, l'une qui dit « Mortifiez-vous », l'autre qui dit (( Dévclop-
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pez-vous ))^ et comment elles ne sont pas contradicloifes.
4. Regard historique. Le naturalisme jusqu'à Jésus- Christ ; l'idéal chrétien des premiers siècles et ses déformations ; au moyen-àge, reconnaissance en principe des droits du surnaturel ; grande cl belle part à la nature dans la théologie de saint Thomas, et dans la vie des Saints (comment saint Anselme et saint IVrnard sont naturels). Les émancipateurs de la nature, et comment Luther, Calvin, les laux mystiques, en exallant la grâce aux dépens de la nature, ùlent en fait tout frein à la nature. Les revendications du naturalisme à la Renaissance : le paganisme dans les idées, dans la vie, dans l'art. Le xix*" siècle, et la lutte entre le naturalisme et l'Eglise; comment les droits mômes du surnaturel ont été contestés ; l'épanouissement de la vie surnaturelle ; y a-t-il un retour vers le surnaturel ?