NÉCESSAIRE ET GRATUITE, SUFFISANTE ET LIMITÉE
Nous n'étudions ici ni l'Incarnation, ni le Yerbc incarné — ce sujet appartient à la seconde série ;
mais uniquement noire réparation par Jésus- Clirist.
I. Le fait. Un mot de notre liturgie : « Oui, nécessaire le péché d'Adam, qui nous a mérité un tel Rédempteur », expliqué par un autre : « 0 Dieu, qui avez merveilleusement ci'éé le monde et plus merveilleusement réparé. »
Jésus, nouvel Adam, chef de l'humanité régénérée, du monde delà grâce. Il réparc l'injure faite à Dieu non seulement par le péché originel, mais par tous les péchés du monde ; il nous arrache à la captivité du démon ; il nous réconcilie avec Dieu, et mérite à tous les grâces nécessaires au salut. — Comment il refait l'homme, quel idéal il lui donne, avec c|uelle puissance il coinmande et invite.
Coopération de Marie : la nouvelle Eve. Comment elle est mêlée à toute l'œuvre de réparation.
î. Nécessité d'un Dieu-homme. Le Car Deiis homo (Pourquoi rincarnaiion ')) de saint Anselme : un Dieu-homme, seul capable de réparer l'outrage fait à Dieu ; donc nécessaire. — On doit maintenir l'impuissance de toute créature à réparer ; mais maintenir aussi que l'Incarnation est un bienfait tout gratnit du divin amour : « Dieu a tant aimé le monde... » Il faut donc répondre par points distincts :
i. Dieu pouvait laisser l'homme déchu à son malheureux sort ; mais non sans une providence naturelle qui le mit en état d'accomplir son devoir de créature et d'atteindre, s'il le voulait, sa fin d'homme. En quel sens c'eût été la damnation pour tous.
Dans ce cas, l'ordre surnaturel n'ciit été qu'un essai, manque par la faute de l'homme ; la bonté de Dieu eût été, en quelque sorte, vaincue par la malice de la créaturc.
'?. Dieu pouvait pardonner sans exiger de répation, du moins adéquate. Un remède quasi sacramentel pour le péché originel, un acte de contrition pour les péchés actuels eussent suffi à l'apaiser, l'homme faisant ce qu'il pouvait, tout insuffisant c]ue ce fût à réparer l'outrage fait à Dieu par chaque péché.
Dans ce cas, l'ordre surnaturel eût continué. Les choses auraient pu se passer à peu près comme dans l'ordre actuel ; mais sans que Dieu re<;ùt jamais ni un hommage ni une satisfaction dignes de lui. sans que l'homme pût rien offrir comme titre à la grâce ni au pardon, sans que la dette pût vraiment être pavée, ni par le pécheur ni par aucune créature.
5. Dans l'hypothèse de l'Incarnation, un seul acte du Dieu-homme eût pu suffire à tout : ni la mort n'était nécessaire, ni la souffrance.
Dans ce cas, on ne voit pas bien quelles auraient pu être les conditions de la vie chrétienne. D'une part, notre nature n'est guère faite pour aller à Dieu par des chemins de fleurs ; d'autre part, on n'eût eu pour se renoncer que des raisons de raison.