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ET COMMENT ON LE CONSTATE

Nous allons, non pas prouver l'existence du snrnatuturel, mais indiquer comment on peut la connaître ou la

prouver. Nous devrons examiner du même coup les diverses méthodes apologéticpies, et esquisser rapidement une théorie de la connaissance du surnaturel.

2. 11 faut distinguer le surnaturel hors do nous et le surnaturel en nous.

I. FAITS ET PRINCIPES. — A. Le surnaturel hors de nous. Il ne peut être question que d'cU'ets surnaturels sensibles, el tout peut se ramener au miracle ; mais il est utile de distinguer miracle et révélation.

1. Le miracle, fait sensible au-dessus des forces naturelles. Le fait peut se connaître comme les autres faits sensibles ; la transcendance du fait, par comparaison avec le jeu des causes naturelles, soit en général, soit pour tel cas donné.

1. Si le miracle est fait, au nom de Dieu, pour accréditer une mission divine, Dieu se doit, à défaut d'autres rcovens, de ne pas même colorer une erreur.

3. Si, au lieu d'un miracle, on en a des centaines, de toute espèce, dans toutes les circonstances, l'impossibilité de l'erreur devient d'autant plus manifeste, et il sera prudent de regarder comme miraculeux des faits qui, pris absolument, pourraient s'exjîliquer par les forces naturelles.

3. Si le thaumaturge est d'ailleurs un héros, un sage et un saint, c'est autant d'éliminé parmi les causes possibles d'erreur.

2. La révélalion peut être elle-même un miracle (la promulgation de la Loi au Sinaï).

Elle peut, pour celui qui la reçoit, porter en elle-même son cachet divin, et l'on conçoit que, pour d'autres, le témoignage seul du prophète puisse, en certaines circonstances, suffire comme garantie. D'ordinaire cependant, on peut, surtout s'il s'agit de choses capitales, exiger davantage.

Mais si elle est garantie par des miracles, si elle contient de vraies prophéties qui se vérifient, il est déraisonnable de n'y pas croire.

APPENDICE I. — CA:«JEYAS DES LEÇONS O'jC)

3. Luc reliyion garantie par le miracle et par la propliétie, est une religion vraie; il est antiscientijiqne de la rejeter.

B. Le surnaturel en nous.

1. L'étude de nous-mêmes ne peut pas, d'ordinaire, nous l'aire saisir le surnaturel en nous, au moins comme surnaturel : l'illuminisme protestant et le Concile de Trente. Mais elle peut parfois, nous Y faire saisir le miracle moral (S. Cvprien). De même, ceux cjui vivent de la vie chrétienne, de la vie surnaturelle, peuvent avoir certains goûts des choses divines, je ne sais cjuelle conformité intime entre ce qu'ils croient et ce cju'ils sont ; ils peuvent donc, jusqu'à un certain point, retrouver leur foi dans leur vie (Ozanam ; cf. S. Thoni. 2, 2 ([. l\b, a. 2). Il n'y a pas là, à proprement parler, une pi'cuve, mais comme une reconnaissance de la vérité.

Dans les états mystiques il peut y avoir une vraie expérience du surnaturel, des touches de Dieu emportant avec elles la preuve qu'elles sont de Dieu. Mais ce sens du surnaturel n'est pas l'ordinaire de la vie chrétienne.

2. L'impossibilité pratique où nous sommes d'observer toute la loi naturelle avec nos seules forces, peut être, en un sens, un fait d'expérience ; et de là on peut conclure que Dieu a dû faire cjuclque chose pour nous aider.

5. Même conclusion à tirer de l'impossibilité pratique, pour le genre humain, d'acquérir, sans le secours d'en haut, la somme des vérités morales et religieuses nécessaires à la vie.

à. Enfin il peut v avoir en nous, en vertu des qrâces reçues, certaines aspirations au surnaturel. Mais on ne peut guère les constater comme telles. Ce que nous pouvons constater, c'est le sentiment religieux, c'est le besoin de Dieu. Et ce besoin n'a, en fait, sa satisfaction que dans le surnaturel.

xATunr; et sur?jatijrel

1. On A oit dans quelles limites et en quel sens on peut admettre que le surnaturel est un postulat de la raison.

2. Deaucoup de ceux qui parlent d'aspiration au surnaturel ne l'entendent pas au sens précis de surnaturel, mais en un sens vague et indéterminé. Dès lors ils pensent juste.

II. APPLICATIONS ET CONSÉQUENCES. — l. Nos raisons de croire.

a) Nous ne croyons pas sans raison ; car nous savons cjue Dieu a parlé, envoyé son Fils, fondé l'Eglise. Comment le saAons-nous ?

i. Par la ccrliludc historique des miracles et des prophéties ;

2. Par la vue de ce miracle permanent qui est l'Eglise catholique.

b) A ces preuves direcles et positives, on pcul en joindre d'indirectes et de négatives. La religion n'étant pas pure affaire de sentiment religieux, il doit y avoir une religion vraie et facile à reconnaître. Ce ne peut être que le Cçitholicisme. En autres termes : sans religion, tout croule ; or, il n'y a qu'une religion qui tienne, le Catholicisme.

c) Les splendeurs du catholicisme (dogme et morale) et ses harmonies merveilleuses avec la nature humaine, la façon dont il explique tout, répond à toutes nos aspirations, supplée à loules nos insuffisances, etc., tout cela est fait, sinon pour convaincre ahsolnment, au moins pour prévenir en faveur du Catholicisme ; mais ces splendeurs hrillent surtout pour ceux du dedans.

Comment tant d'incrédules, les ims n'arrivant pas à croire, les autres cessant de croire ? La part des dispositions subjectives, la part de la liberté.

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