‹ Nature et surnaturelChapitre 77 sur 89 · UN VESTIGE DE LTDÉAL DIVIN · texte numérisé non relu

UN VESTIGE DE LTDÉAL DIVIN

LE DOGME DE l'iMMACULÉE CONCEPTION : SENS ET HISTOIHE

Toutes les questions que nous avons traitées peuvent se grouper autour de ce dogme ; il est donc naturel de les y rattacher pour tout résumer. Nous profiterons de l'occasion pour étudier au concret, sur un exemple typique, ce que l'on est convenu d'appeler l'évolution du dogme.

. La définition. Circonstances, accueil ; la formule de définition et la Bulle IneJJabilis Deus ; 3 ans après.

2. Sens précis du dogme. Marie exemple du pL-ché originel par les mérites de Jésus, rachetée d'une façon plus sublime ; son âme créée en grâce, comme celle d'Adam, comme celle de Jésus; elle a dès le premier instant de son existence la grâce c[ue les enfants ne reçoivent cju'au Baptême. Ce n'est pas seulement une vérité, c'est une vérité révélée.

3. Etude théologique du dogme i. La grâce de l'Immaculée Conception. C'est tout un pour Marie d'être préservée du péché originel et d'être créée en grâce. A quel titre elle reçut cette première grâce, comment, et dans cjuclle mesure. Comparaison avec la grâce d'Adam, de l'enfant baptisé.

2. Les grâces connexes. Intégrité parfaite, analogue à celle d'Adam et à celle du Christ ; dilférence entre Marie et Adam pour les dons préternaturcls. L'impeccabilité de Marie, et en quel sens on peut dire qu'elle se lie à la grâce de l'Immaculée Conception ; même question à propos de sa sainteté suréminente.

D'autres dons, comme la science, ne sont pas en rapport direct avec ce premier don ; leur titre prochain est différent.

3. Les convenances de l'Immaculée Conception. Toutes se rattachent à la maternité divine, que l'on regarde directement la mère de Jésus, ou la corédemptrice et la mère des rachetés, ou le plan divin de restauration.

A. L'idée de Marie. Elle se dégage admirablement de ce seul dogme : Marie est en dehors des conditions de l'humanité déchue, nouvelle Eve à côté du nouvel Adam, indissolublement unie à Jésus dans l'œuvre de réparation et de victoire sur le démon, type admirable de l'humanité régénérée, réalisation parfaite de l'idéal divin.

Zi. Marie immaculée et nos études sur la nature et le surnaturel. Ce dogme nous met en face des principales questions que nous avons trailces : distinction de la nature et du surnaturel, du svunaturel proprement dit et du préternaturel, élevât ion, chute, réparation, état présent de l'humanilé ; preuve que la mort et la douleur ne sont pas nécessairement le cliâliment du péché ; idée vraie du péché originel et de la vie surnaturelle en nous ; idéal et secours pour la vie clirélienne.

5. Un dogme nouveau. La définition fait un nouvel article de foi, mais présuppose la vérité définie, et la présuppose comme révélée, comme contenue dans le dépôt des vérités confiées à l'Eglise : elle dégage cette vérité, la formule, la propose à la foi de tous, de sorte qu'on ne peut plus la nier sans être hérétique. C'est en cela que consiste le progrès du dogme. Les déductions des théologiens et des prédicateurs ont pu aider à la mettre en lumière ; mais elle n'est pas simplement une déduction théologique d'une autre vérité révélée. Pour être article de foi, il faut qu'elle ait été révélée, non avec la précision, ni la clarté, ni le relief qu'elle a eus depuis, de façon cependant que l'Eglise pût arriver, sans nouvelle révélation, à la reconnaître sûrement, soit dans l'Ecriture, soit dans la Tradition ; c'est assez pour cela qu'elle soit contenue implicitement dans une vérité plus générale, révélée elle-même, comme serait, par exemple, la toute sainteté de Marie ou la pei'pétuelle complaisance de Dieu en elle. Pour que l'Eglise puisse définir un dogme, il n'est pas nécessaire qu'elle puisse le saisir, pour ainsi dire, quand il sort de la houche de Dieu ; si elle constate, à un moment donné, la foi des fidèles à cette vérité, elle peut conclure, sans plus de recherche, que cette vérité est révélée ; car les fidèles ne sau-

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raient, en vertu de l'assistance promise à l'Eglise, errer un moment dans leur foi.

6. Coup d'oeil sur l'histoire du dogme. Le dogme n'est pas clairement exprimé dans l'Ecriture ; tout au plus peut-on, à la lumière du dogme déjà connu, le reti'ouver dans quelques textes. Les tout premiers siècles ne disent rien de l'Immaculée Conception ; mais ils l'incluent dans leurs principes généraux sur toute la sainteté et les privilèges de Marie ; Irénée, iVugustin, etc.. C'est de l'Orient, scmble-t-il, que vinrent les premières aftlrmations explicites, ainsi que la fête. Opposition formidable en Occident ; saint Anselme, saint Bernard, saint Bonaventure, saint Thomas ; progrès malgré tout ; avant la définition, tout le monde catholique croyait. Le sens catholique, un dogme populaire. Nature et portée de la définition ; harmonies providentielles, et culte de Marie Immaculée au xix^ siècle.

On peut voir en particulier J. B. Terrien, La mère de Dieu, l^aris, 1900, t. 1, 1. 4 ; les sermons do Bossuct sur la question ; l'homélie de ^Igr Pie, 8 déc. i854; la conférence du P. Monsabré, 3o® conf. 1877 > Dt-Bosc de Pesqlidoux, U Immaculée Conception. Paris, 1898 ^.

' Depuis a paru : Marie immaculée. Courte histoire d'un dogme, par X. M. Le Bachelet, Paris. Bloud, 1908 (2 volumes de la collection Science et Relifjion).

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