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III. — Symptomatologie, diagnostic et pronostic

La symptomatologie de l'artériosclérose est très complexe. Dans ses cliniques, le professeur Peter dit : « Vous comprenez, Messieurs, que i'endartérite n'a pas de symptômes, tant qu'elle n'est que I'endartérite,

c'est à dire tant que l'endartère seul est lésé elle

produit des phénomènes de voisinage et se donne ainsi des symptômes d'emprunt. »

Huchard reconnaît deux périodes à la description symptomatique de cette maladie : « l'une, artérielle, primitive, dans laquelle les lésions scléreuses sont limitées au système artériel ; l'autre viscérale, secondaire, dans laquelle la sclérose a envahi les organes consécutivement à celles des vaisseaux...

« Oui, bien certainement tant que le tissu scléreux se forme, sans envahir l'intimité et les éléments nobles des organes, la symptomatologie est obscure et même nulle, mais du jour où les fibres conjonctives intéressent, pénètrent et désorganisent, ici les fibres musculaires du cœur, là les tubuli et les glomérules rénaux, plus loin les cellules hépatiques, vous constatez des signes qui permettent de reconnaître les altérations de ces organes. »

Nous n'avons à envisager ici que l'artériosclérose dans ses rapports avec l'angine de poitrine, d'une manière générale, nous ne décrirons donc pas les nombreuses manifestations de cette maladie dans les différents organes. Contentons-nous de dire qu'à l'examen physique du pouls on trouvera, quand la lésion est suffisamment généralisée, l'artère radiale rigide, flexueuse, moniliforme par suite du dépôt de substance calcaire se faisant par place, et de la perte d'élasticité des parois artérielles, qui permet à Fondée sanguine de distendre et d'allonger le vaisseau. A l'auscultation on entendra le bruit diastolique plus sec, les battements plus forts, et si la lésion est plus avancée, il y aura un souffle systolique rude qui se propagera à l'aorte ascendante ; celui-ci provient soit du frottement du sang contre l'aorte, soit de rugosités développées sur les valvules de

ce vaisseau contre lesquelles le sang se heurte, on peut ajouter à cela le souffle anémique qui ne manque jamais.

On entend quelquefois aussi un souffle diastolique dépendant d'une insuffisance aortique ou d'un anévrisme faux. A la percussion on trouvera une dilatation de l'aorte ascendante.

Le diagnostic de l'artériosclérose reposera sur la considération de ses causes et de ses symptômes : l'âge avancé, un souffle aortique diastolique rude, l'induration des artères radiales, seront les meilleurs signes.

Son pronostic sera très variable, généralement il sera bénin tant qu'il restera localisée aux artères, mais dès qu'il atteindra les organes, il deviendra sérieux. Tout le monde connaît la gravité des scléroses viscérales, je ne crois pas devoir m'étendre davantage sur ce sujet.

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