L'ARC-EN-CIEL
Quelquefois, après l'orage, Quand le tonnerre a fait rage, Et quand les grêlons méchants Ont tué les blés des champs, La Sainte Vierge Marie, En robe blanche et fleurie.
Descend du paradis bleu, Puis, levant sa jupe un peu.
Pour n'y pas mettre de fange.
Elle vient avec un ange Ramasser, de ses beaux doigts.
Les cigales aux corps froids
Dont le vent cassa les ailes, Et toutes les demoiselles Qui moururent, et tous les Pauvres petits oiselets Gisant sur la terre nue !
Et le bon Dieu, dans la nue Sourit en regardant ça !
Et quand la Vierge, sur sa Route, trouve de la boue.
Dieu prend un morceau de roue D'un de ses vieux chars coupés.
Le met sur les bois trempés, Puis, d'une voix attendrie.
Il dit : « Madame Marie, Passez plutôt là-dessus ! »
Et la mère de Jésus Monte sur ce pont étrange !
Et, donnant la main à Tange Afin qu'il ne tombe pas, Elle s'en va, tout là-bas,
Recueillir d'autres cigales
Sans se mouiller les sandales !