‹ NatureChapitre 33 sur 39 · LES PLEURS DES ÉTOILES · texte numérisé non relu

LES PLEURS DES ÉTOILES

Les chênes recueillis soupirent sous la lune; On entend palpiter un ruisseau diligent; Un grillon pince au loin sa lyrette d'argent Avec sa patte brune.

Tous les petits oiseaux font des rêves heureux Et le moucheron dort près de sa moucheronne; Un vieux pin, chatouillé par la brise, ronronne Près d'un lac vaporeux.

Mais, quoique tout soit paix, soitbonlieur, et soit charme, On voit des gouttes luire au cœur des liserons, (]omme si chaque étoile, en passant sur nos fronts, Répandait une larme.

Quelle est donc la douleur qui fait pleurer les cieux, Dans cette nuit de mai si limpide et si douce Où des couples d'amants vont s'asseoir sur la mousse Des bois silencieux ?

Etoiles, votre œil blanc comme une pâquerette A sans doute entrevu, du haut du firmament. Les jours où le grillon qui chante en ce moment N'aura plus sa lyrette !

Les jours où les oiseaux mourront dans les halliers. Les jours où le vieux pin sera réduit en planches, Les jours où les amants aux chevelures blanches Se seront oubliés !

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