MOTEUR
J'ai aussi constaté que le côté de la question touchant la physique a été plus étudié que la partie mécanique, et c'est cependant à cette dernière science que reviendra le premier rôle dans la navigation aérienne.
Il serait à désirer qu'on découvrît pour l'aérostation un moteur aussi parfait qu'est celui des
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oiseaux. Ce jour-là, je Tai dit, le problème serait résolu.
La force motrice est l'âme de la navigation aérienne. C'est elle qui actionne les hélices horizontale et verticale de mon aérostat, ainsi que nous le verrons plus loin, et l'oblige à s'élever dans l'air et à suivre la direction assignée.
J'ai , à cet effet , fait choix d'un moteur électrique. L'air est le véritable élément où l'on doit se servir de l'électricité, cet agent encore incomplètement connu, mais dont les applications paraissent sans limites entre les mains d'Edison.
J'ajouterai qu'il serait à désirer qu'un prix fût offert à l'inventeur d'un moteur léger et puissant applicable à la navigation aérienne. Il y aurait là un excellent moyen , il me semble , d'arriver au but cherché, puisque MM. Renard et Krebs sont déjà arrivés à diriger un aérostat avec les moyens connus.
4^ HELICES HORIZONTALES
L'aérostat doit pouvoir s'élever ou descendre à volonté pour chercher dans l'air les courants favorables et éviter ceux qui sont contraires à une facile navigation. Enfin il faut pouvoir atterrir quand le besoin l'exige, sans être obligé, comme on l'a fait jusqu'à ce jour, de laisser échapper une partie du gaz contenu dans le ballon.
Ce but peut être atteint à l'aide d'hélices horizontales conjuguées, tournant l'une dans un sens, l'autre en sens inverse, afin de maintenir la rectitude de l'appareil.
L'aérostat étant en équilibre à la surface du sol, il suffit d'un mouvement des hélices horizontales pour le forcer à s'élever : une marche en sens contraire permet la descente.
Chacune des hélices horizontales est placée dans un tube vertical fixé au centre de la nacelle (Voir la planche, fig. III). Cette disposition les préserve des chocs qu'elles éprouveraient infailliblement lors de l'atterrissage, si elles n'étaient pas protégées.
Le nombre des hélices horizontales pourra être augmenté, surtout si on arrive à supprimer complètement les ballons. Dans ce cas, elles devraient être rendues indépendantes les unes des autres, pour éviter les accidents que pourrait amener l'arrêt de l'une d'elles, et, de plus, faciliter leur manœuvre à bras en cas de nécessité.
Cette suppression des ballons n'est d'ailleurs qu'une hypothèse, car mon avis est de les conserver le plus longtemps possible, ne fût-ce que pour apprendre à les bien diriger.