‹ Nécessité de l'intervention systématique immédiate dans la grossesse tubaire non rompue, la rupture tubaire et l'hématocèle constituéeChapitre 7 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous n'avons pas l'intention d’embrasser toute entière, cette importante question de la grossesse extra-utérine. -Lawson Tait, en a fait une étude complète et vraiment scientifique. Depuis, presque fous les auteurs, chirurgicns, gynécologues, accoucheurs, se sont occupés de la question. Elle a fait l’objet de nombreuses communicalions dans les Congrès et les Sociétés Savantes, et d'articles non moins nombreux, dans les Revues de gynécologie et dobstétrique. On trouvera beaucoup de ces publications, dans la bibliographie, à la fin de notre thèse. Dans notre travail, nous voulons nous restreindre à la partie thérapeutique et montrer que, dans la grossesse ectopique, on a toujours intérêt à intervenir le plus tôt possible, et ne jamais différer l’opération, fut-ce parfois de quelques heures.

Cette théorie de l’intervention systématique immédiate dans la grossesse tubaire avant le cinquième mois, que celle-ci évolue normalement ou que le cours en soit interrompu, n’est pas admise sans conteste, et actuellement encore, elle a des adversaires. Au Congrès de chirurgie de 1909, M. Albertin, émet Ja théorie de l’intervention systématiquement retardée ; Jean Murard (Lyon Chirurgical juin 1921), parle des cas dans lesquels il faut savoir attendre.

Que répondre aux partisans de labstention ? Une

PSE

chose très simple : c’est qu’ils sont en contradiction, non seulement avec les statistiques première de L. Tait, qui montrait l'efficacité du traitement chirurgical rapide et à bref délai, mais encore, avec la série vraiment importante des faits qui se sont publiés depuis et qui se publient tous les jours. Tous parle dans le même sens : ils prouvent jusqu’à l'évidence, aussi bien les périls de l’abstention, que la haute valeur de la laparotomie immédiate. Et quand on consulte les statistiques si consciencieusement relevées par Binaud (Thèse de Paris 1892), par Choyau (Thèse de Paris 1896), par Cestan (Thèse de Paris 1894), lorsqu'on voit avec ce dernier, que « lexpectation fournit, environ, 86 pour cent de mortalité, et l'intervention, 85 pour cent de guérison. », il est vraiment difficile de ne pas s’incliner devant la conclusion qui en découle.

Nous admettons, très bien, qu’à côté des inondations péritonéales mortelles, il y a certainement des hémorragies qui, malgré leur incontestable abondance, sont suscepüibles de s’enkyster. Nous savons très bien, que les renseignements numériques, donnés par Cestan, sur la gravité particulière de la laparotomie dans les toutes premières heures, et sur l’ainélioration de son pronostic quand la date de l’opération s'éloigne davantage de la période cataclysmique, semblent confirmer les idées de ceux qui conseillent dattendre, pour intervenir, que le shock soit dissipé. Maïs quel que soit l'intérêt de ces nuances, il faut avant tout, adopter ce principe fondamental de toute bonne chirurgie, à savoir qu’en présence d’une hémorragie menaçant la vie d’un malade, il faut tout de suite et toujours lier le vaisseau qui donne.

Oublions done ces cas habituels et très faciles d’hématocèles banales et de grossesses tubaires non rompues pour lesquelles on a attendu plusieurs heures, mème plusieurs jours, et pour lesquelles on a cependant obtenu des guérisons. [1 n’y a pas grand mérite à avoir des succès dans ces conditions. Nous, médecins ou chirurgiens, il

nd

nous faut, au contraire, songer toujours à ces cas difficiles, exceptionnels, pour lesquels un retard de quelques heures à peine, dans la laparotomie, peut coûter la vie de nos malades. Dans ces conditions, nous ferons œuvre utile. Parce que les neuf-dixièmes des grossesses extra-utérines, opérées vingt-quatre heures après le diagnostic, ont été couronnées de succès, avons-nous le droit de sacrifier la dixième malade, qu'une intervention hardie et précoce eut arraché à la mort ? Cela jamais.

Nous diviserons notre travail en trois parties et nous voulons montrer, par des statistiques et des observations, que, dans la grossesse tubaire non rompue, la rupture tubaire et l’hématocèle constituée, c’est-à-dire, dans ces trois cas, le chirurgien doit avoir une ligne de conduite uniforme et adopter pour règle constante, l'intervention réellement immédiate et sans délai: sur le champ, sil y a une hémorragie interne, en deux ou trois heures, sil s’agit d’une hématocèle ou d’une grossesse non rompue.

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