de la zootechnie et de la pêche
7e — du Bois.
8 des produits textiles.
(CERN SNS
obligée jusqu’à ce jour de s’expatrier ; enfin, en attendant cette fixation, et pendant les travaux d'aménagement, elles constitueraient autant d'immenses chantiers où se résorberait le chômage. Ce sont de telles considérations qui décident le gouvernement fasciste à se jeter corps et âme dans cette œuvre, qui éveille en lui les plus grands espoirs économiques, sociaux et patriotiques, et qu’il appelle, d’un terme expressif, la « Bonification intégrale ».
Dès les temps les plus reculés, les populations italiques se sont trouvées contraintes de disputer leur propre sol aux marécages insidieux, à la malaria, à la rocaille. A maintes reprises au cours des siècles, dès la fin du rv° siècle avant Jésus-Christ, des tentatives sont faites pour tenter d’assainir les zones insalubres. César, Auguste, Nerva, Trajan, Théodoric et toute une série de Papes, Boniface VIII, Martin V, Pie VI surtout, s’attèlent à la même tâche, sans grand succès. Puis d’autres efforts sont tentés par la République de Venise et même par Bonaparte, après la glorieuse campagne d’Italie. Mais chaque fois, la nature est plus forte que l’homme, ou l’homme pas assez opiniâtre, et les travaux sont suspendus.
Du jour où le Royaume d'Italie se constitue, le problème de la Bonification se pose à nouveau d’une façon plus impérieuse, parce que le peuple italien est déjà en pleine croissance. Mais on y voit trop encore une affaire de
salubrité publique et pas assez une question économique et sociale. La première loi qui est promulguée en 1882 a pour objectif essentiel la lutte contre la malaria, et se borne pour tout ce qui n’est pas travail dit d’utilité publique à donner des directives aux propriétaires fonciers, libres d'améliorer ou non leurs domaines (29).
Le fascisme, le premier, modifie le concept de propriété. Comme le dit le Duce : « La propriété n’est pas « seulement un droit, c’est aussi un devoir, une fonction « sociale. Ïl ne s’agit pas d’une propriété passive, mais « d’une propriété active qui ne se limite pas à jouir des
(29) Cf. La Bonification intégrale en Italie, par G. Baravelli. Valecchi æd Firenze, 1938, pp. 7 et suiv.
« fruits de la richesse, mais qui les développe, les aug- « mente, les multiplie » (30). Désormais, tout propriétaire qui ne consent pas à profiter de l’aide de l’Etat pour l’amélioration de son fonds peut”être exproprié au nom de l’intérêt collectif.
Le fascisme fait une institution nationale de ce qui, jusqu’à lui, a été l’œuvre intermittente et mal coordonnée des initiatives privées et d’actes publics. La bonification est intégrale parce qu’elle est enfin complète, aussi bien sociale qu’agraire ; elle est intégrale aussi parce que tous les problèmes jadis posés et abordés séparément sont réunis : assainissement des terres, répartition du sol, question annonaire, progrès culturaux et amélioration de la condition, matérielle et morale, du peuple.
Nous allons passer en revue rapidement les mesures législatives qui se réfèrent à la bonification intégrale (31).
La loi du 30 décembre 1923 élargit les limites de l’idée attachée au mot bonification depuis la loi de 1882, et comprend sous cette dénoiination toute une série de travaux complémentaires. Deux lois successives, celles du 19 mai 1924 et du 29 mai 1925 englobent, parmi les terrains sujets à bonification, des terres qui, soit pour des raisons hydrogéologiques, soit pour insuffisance dans les moyens de communication, soit pour pénurie d’eau d'irigation, soit encore d’une façon générale, pour de graves causes d'ordre naturel ou moral, se trouvent au point de vue agricole dans des. conditions arriérées, mais qui cependant sont susceptibles, à la suite de certains travaux et de certaines mesures, de subir une transformation foncière, au grand bénéfice de l'intérêt général. Sont promulguées ensuite, entre les années 1925 et 1927, plusieurs lois visant à encourager les défrichements, le labour à traction mécanique, l'emploi de la force électrique dans les travaux agricoles. Elles ouvrent des crédits avec des conditions de faveur pour tous les
(30) Cité par Henry Peyret, « L'Agriculture italienne sous le régime fasciste », Revue des Agriculteurs de France, nov. 1936, p. 523.
10) Sur ce point consulter : Arrigo Serpieri, Sous-Secrétaire d'Etat à la Bonification intégrale, La Bonification intégrale. Traduct. Plon, 1933.
travaux d'amélioration agricole, élèvent le montant des contributions de l'Etat dans les travaux d'irrigation, et favorisent la naissance de centres ruraux.
Mais la loi qui formule, dans toute sa portée, le programme de la bonification intégrale, est celle qui est promulguée le 24 décembre 1928 et qui, portant le nom de « Loi Mussolini », est déclarée « Loi fondamentale du Régime ». Cette loi comble les lacunes de la législation précédente et permet de donner une solution définitive, pleine et entière, à divers problèmes jusque-là insolubles ou en suspens : approvisionnement en eau potable, création d’un réseau routier nécessaire à l’intensification des cultures, construction de bourgades rurales et de bâtiments de ferme. Elle prévoit surtout les moyens financiers nécessaires à l'application des nombreuses lois précédentes concernant les divers travaux d'amélioration du sol et codifiées par elle sous le nom désormais officiel de « Bonification intégrale » (32). :!
Nous arrivons enfin au décret royal du 13 février 1933, qui coordonne les règlements en vigueur et discipline sur le terrain juridique la matière elle-même. Il fait en effet une distinction entre bonifications proprement dites et améliorations foncières. La Bonification proprement dite comprend un ensemble de travaux à exécuter conformément à un plan général, sur des territoires dûment classifiés et délimités par l'Etat, sous la dénomination de « comprensori », dans un but à la fois hygiénique, démographique, économique et social. L’effet de ces bonifications est d’opérer une transformation radicale des conditions de la production (33). #
Les améliorations foncières correspondent à certains travaux qui sont exécutés, non pas dans un intérêt géné-
(32) La loi Mussolini prévoit une dépense globale de 7 milliards de lires environ, dont 4 milliards pour les bonifications hydrauliques et les travaux complémentaires et 2 milliards 1/2 pour la construction de bourgades rurales, de fermes, d'aqueducs et de routes.
(33) Cf. Petrocchi, « Agricultura e bonifica », Rivista di Politica economica, février 1938, pp. | à 8.
ral, mais au bénéfice d’un ou de plusieurs fonds, indépendamment d’un plan général de bonification.
Les « comprensori » se divisent eux-mêmes en deux catégories : la première comprend les zones de bonification d’une importance exceptionnelle pour la colonisation intérieure. L'Etat y exécute les travaux lui-même et à ses frais, les propriétaires apportant simplement une contribution de principe, (la part de l’Etat dans les dépenses va de 84 à 92 %). La deuxième catégorie comprend les zones dans lesquelles les travaux doivent être effectués obligatoirement par les particuliers, avec le concours financier de l'Etat (qui prend à sa charge 75 à 87,50 % des dépenses).
Pour l’exécution des travaux complémentaires, qui sont de la compétence des propriétaires, l’Etat accorde une subvention se montant en principe au tiers de la dépense (mais qui, pour différents travaux, peut atteindre 36, 45 et 75 % des frais). En outre, la Caisse des Dépôts et Consignations, ainsi que divers Instituts de crédit, accordent aux particuliers, sous forme de prêts, d'ouverture de comptes, etc, des crédits à des conditions exceptionnellement favorables. |
L’accomplissement des travaux de bonification, publics et privés, dans un rayon donné, est confié à un consortium des propriétaires de ce rayon (en général constitué par un compresorio) administrés par leurs délégués élus, mais contrôlé par les représentants de l'Etat. Le plus souvent, c’est le consortium qui prépare et adopte, sous réserve de l'approbation du ministre, le plan de bonification applicable à la région (34).
À côté de ces consortiums, il convient de mentionner l’œuvre nationale des Combattants (Opera Nazionale dei Combattenti), qui, sous la surveillance directe du Président du Conseil, pourvoit à l’achat des terres susceptibles d’être l’objet de travaux de bonification, pour les répartir ensuite entre les familles. de cultivateurs anciens combattants.
(34) En 1938, on compte environ 1.700 consortiums détenant une superficie totale de plus de 7 millions d'habitants. (Cf Baravelli, op. cit., p. 29).
NÉCESSITÉ DE POLITIQUE EXTÉRIEURE Gp)
L’organe officiel qui a la haute main sur toutes ces opérations est le sous-secrétariat d'Etat pour la bonification intégrale, lequel dépend du ministère de l’Agriculture.
Nous avons voulu exposer les bases juridiques et administratives de la Bonification, parce que c’est de cette organisation sans précédent dans l’histoire que dépend le succès de la colonisation intérieure, phase terminale de l’œuvre, et celle qui nous intéresse le plus.
Les dernières statistiques officielles italiennes ne donnent les résultats numériques de la bonification que jusqu’en 1938. Voici quelques chiffres qui prouvent l’immensité de l’œuvre accomplie en 16 années (1922 à 1938) (35).
Sur les 9.027.713 hectares que le gouvernement fasciste se propose de bonifier : 5.700.103 hectares le sont déjà au 1° juillet 1938, correspondant à 18 % du territoire métropolitain, et ayant nécessité une dépense de 11,304.300.000 lires ; 2.085 kilomètres d’aqueducs, et 4.449 kilomètres de routes ont été construits.
Parmi les principales zones de bonification déjà mises en état, nous citerons les suivantes (36) :
Dans la région de l’Adriatique : le comprensorio de transformation foncière du Bas-Frioul (70.000 hect.) ; la Bonification de Burana (même extension), la Bonification de Parmigiana-Moglia (74.000 hect.) ; celle de Cremonese- Mantovana (50.000 hect.) ; celle de Rovigo (66.000 hect.).
En Toscane : les Bonifications de Viareggio, de Massaciuccoli, de la plaine au nord de Pise, celle de la Maremme (plaine de Grosseto : 45.000 hectares).
Dans le Latium, les basses plaines alluvionnaires du Tibre, avec leurs installations hydrovores.
Dans la Calabre, en Sicile, en Sardaigne, où les Bonifications, à l’inverse des précédentes, ont consisté à apporter l’eau à des terres desséchées.
Mais la plus belle réalisation, la « Gemme delle bonifiche », comme dit Serpieri, parce qu’elle est la bonification
(35) Cf. Aannuario Siatistico italiano, 1939, vol. VI, Rome, 1939, pp. 85-87. tr
(36) Cf. G. Baravelli, op. cit, p. 35.
la plus grandiose et la mieux réussie, c’est celle des Marais Pontins dont le mérite revient en entier à « l’Opéra dei Combattenti », qui a voulu rénover la traditionnelle notion latine de « miles agricola ».
L’assèchement des Marais Pontins, par la rapidité avec laquelle il a été exécuté, permettant en quelques années à des villes importantes de s’élever là où semblaient inexpugnables l’eau croupie et sa suivante la malaria, tient véritablement du prodige. Quelques dates résument l’œuvre et en font ressortir l'incroyable célérité (37).
28 août 1931. — Décret royal attribuant à l’œuvre des Combattants un premier lot de 18.000 hectares.
7 novembre 1931. —— Premiers travaux.
20 janvier 1932. — Commencement de la construction des premières maisons rurales.
30 juin 1932. — Fondation de la ville de Littoria par le Duce.
5 £ àt 1933. — Fondation de Sabaudia.
15 ril 1934. — Inauguration de Sabaudia par le. Roi.
18 cembre 1934. — Inauguration de la province de Littori à 73.000 hectares sur 210.170 sont déjà exploités.
Er 1939, trois nouvelles villes ont surgi avec leurs édifices publics, leurs monuments, construits selon les règles les plus heureuses de l’urbanisme : Pontinia, Aprilia, Pomezia. Les cinq villes créées de toutes pièces renferment déjà 60.000 habitants ; et l’on compte plus de 800 kilomètres de routes principales, 300 kilomètres de chemins donnant accès à près de 3.200 fermes.
SECTION IV Colonisation intérieure
A l’œuvre de bonification tout entière, des milliers d'ouvriers ont dû de ne pas connaître le chômage. Pendant les 14 premières années du Régime fasciste, le nombre
(37) Renseignements tirés de La bônification intégrale, en Italie, par
G:-C. Baravelli, p. 37 et du Bulletin Quotidien, n° 56, 8 mars 1939.
moyen des ouvriers employés journellement à des travaux d'aménagement dépendant de l'Etat, n’a cessé de s’accroitre. Parti de 22.117 en 1922, il s’est élevé à 74.484 en 1934-35 et s’est maintenu, de 1935 à 1939, à la moyenne de 40.000 (38).
Mais la résorption du chômage au meyen des travaux de bonification n’est qu’un remède passager. Sa résorption définitive doit être opérée — dans l'esprit des dirigeants — par la fixation des chômeurs, en même temps que des paysans en surnombre, sur les terres bonifiées.
Quels ont été les principes de base de la colonisation intérieure ?
Les zones bonifiées appartiennent soit à l’Etat (terres du domaine public), soit à des sociétés comme l’Opera dei Combattenti, soit à des particuliers. Les rapports, par lesquels les familles sont liées à l’exploitation, ne font pas l’objet de prescriptions impératives et varient selon les conditions originaires de la propriété, l’extension de l’entreprise, les systèmes techniques adoptés, la nature du sol, les coutumes du lieu (39). &
Il peut s’agir de paysans, petits entrepreneurs indépendants (propriétaires, emphytéotes ou fermiers) ; il peut s’agir au contraire de familles associées à l’entrepreneur capitaliste sous forme de colonat partiaire ; ou encore simplement de familles engagées en vertu d’un contrat annuel par l’entreprise capitaliste et rétribuées en argent ou en produits par une participation partielle aux cultures. Mais il doit toujours s’agir de colons et non pas de journaliers temporaires (40), c’est-à-dire de paysans résidant avec leurs familles, de façon stable sur la terre, et par conséquent liés affectivement à cette terre, participant à l'exploitation, non pas comme de simples vendeurs de force
(38) Cf. Annuario Statistico italiano, 1939, p. 88. On calcule que plus de 150.000.000 de journées de travail ont été ainsi procurées aux Italiens, de 1922 à 1939. :
(39) Cf. G. Costanzo, La Bonification intégrale en Italie. — Revue Internationale d'Agriculture, mai 1934, pp. 169 à 182.
(40) Puisque l’un des buts primordiaux de la colonisation rurale est de diminuer le plus possible la masse des journaliers agricoles.
de travail à l’heure ou à la journée, mais comme des êtres humains intelligents et intéressés au résultat de leur labeur.
C’est le Sous-Secrétariat d'Etat pour la Bonification intégrale qui se charge, par les soins du « Commissariat aux migrations et à la colonisation », de déceler les familles ‘paysannes des régions à population trop dense devant constituer les colonies nouvelles. C’est lui qui les met en rapport avec les propriétaires des grands domaines bonifiés, qui s’occupe de leur déplacement d’une région dans une autre, et qui veille à ce que les exploitations qu’on leur attribue soient proportionnées au nombre de bras dont dispose le chef de famille. La loi peut imposer aux propriétaires inférieurs à leur tâche ou récalcitrants, l’emploi de ces familles et les modalités de leur installation, en vertu du principe fasciste déjà énoncé par nous, que le droit de propriété est une fonction sociale obligeant celui qui le détient à en tirer le parti le plus avantageux pour la collectivité.
Mais le but n’est pas une « agriculture d'Etat » et les méthodes collectivistes sont écartées. Ce qu’on veut réaliser, c’est l’exploitation paysanne à base familiale et autonome. La formule russe du kolkhoze ou du sovkhoze est strictement bannie du plan de colonisation italienne.
Quand les territoires bonifiés font partie du domaine de l'Etat (et c’est le cas de la majorité d’entre eux), le Sous-Secrétariat pour la « Bonification intégrale » organise la colonisation selon des règles fixes.
L'Opera dei Combattenti, à laquelle on doit, en plus de l’assèchement des Marais Pontins, ceux de l’Albarese (plaine de Grosseto) et de l’Isola Sacra (dans le Latium), nous fournit l'exemple le plus important — parce que s'appliquant à la masse la plus nombreuse de colons italiens — et le plus typique de l’organisation colonisatrice dirigée par l'Etat. (Nous savons en effet que l’œuvre dépend directement de la Présidence du Conseil) (41).
Les terres une fois bonifiées sont concédées, soit direc-
(41) Se référer sur la question de la colonisation de l'Opera dei Combat-
tenti, à l'ouvrage de Jean Fournier, La Bonification intégrale en Italie. Imp.
Barthélemy, Avignon, 1937, pp. 164 à 172.
tement à des cultivateurs isolés, soit à des coopératives d'agriculteurs, à condition qu’elles soient constituées presque exclusivement d'anciens combattants. La superficie attribuée est limitée à la force de travail de la famille considérée (elle est en moyenne de 10 à 20 hectares). À chaque famille est confiée une ferme sous forme contractuelle du métayage. Le colon responsable — le chef de famille — ne peut ni la louer, ni la sous-louer. Il est mandataire, seul représentant de la famille. Le nombre de composants, sauf cas d'augmentation ou de diminution naturelles, ou d'appel sous les drapeaux, ne peut être modifié sans accord préalable avec l’œuvre. Le contrat est de durée indéterminée, mais résiliable chaque année par l’une des parties. En cas de décès du chef de famille, l’exploitation passe au fils aîné ou à la veuve. A la fin de chaque année agraire (30 septembre), les comptes de fermage sont arrêtés et font ressortir la balance du solde ou du débit du colon. Tous les produits de la ferme sont ensuite divisés en deux parties. égales, l’une pour l’œuvre, l’autre pour le métayer (42). L’ambition de l’œuvre étant de réaliser cet idéal « la terra ai contadini », « la terre aux paysans », elle s’efforce, dans la mesure la plus large, de transformer les métayers (qui sont souvent d’anciens braccianti), en propriétaires. Elle facilite par tous les moyens la création du petit capital qui permettra aux colons de passer du stade du ‘métayage à celui du compromis de vente. La période de métayage permet d’expérimenter les qualités de l’usager et donne l'espoir à celui-ci qu'après un laps de temps d'usage plus ou moins long, il pourra devenir propriétaire du fonds à lui concédé. C’est à peu près le principe de la vente à terme. En conséquence, quand l’œuvre a pu constater chez les métayers des aptitudes à la propriété, trois mois avant l’échéance du contrat annuel, elle leur demande s’ils désirent devenir propriétaires, et dans l’affirmative, les terrains, installations et autres biens sont évalués à leur
(42) Le matériel, fourni par l'œuvre, est inscrit au débit du compte courant du colon.
valeur effective du moment. Le colon peut s'acquitter du prix d’achat en quinze annuités. L'œuvre conserve le droit de rompre le contrat pendant ces quinze années, en cas de mauvaise exploitation du colon, ou pour toute raison morale ou politique, toujours au nom de l'intérêt supérieur de la Nation.
La plupart des familles établies dans lAgro Pontino proviennent des provinces où la poussée démographique est la plus forte, notamment du Veneto et de la Romagne. Ce sont en général des famiiles très pauvres, dont les chefs ne comptent pas toujours parmi les plus capables et les plus prévoyants. Aussi l’œuvre a-t-elle toute une éducation à accomplir, et ses directeurs techniques surveillent-ils étroitement les exploitations tout en guidant et en soutenant les néo-métayers, propriétaires de demain.
Les types de fermes répondent aux nécessités d’une famille nombreuse, elles sont indépendantes les unes des autres et ne comportent qu’une seule famille. Ce système très onéreux de l’isolement des fermes a donné lieu à certaines critiques. D’aucuns auraient préféré de grandes exploitations employant un nombre élevé d'ouvriers agricoles et éventuellement leurs familles. Mais l’œuvre a préféré le système de la petite ferme, beaucoup plus coûteux, mais plus favorable à l’attachement du paysan à la terre.
Un centre de direction est établi pour chaque centaine de fermes et a pour but d’assurer, principalement durant les premières années, l’assistance technique et financière aux colons. Le rôle social du personnel technique de ces centres est considérable. Il surveille les cultures, conseille les colons, les encourage. Au début de leur installation, beaucoup de déracinés regrettent leur « paese », leurs montagnes, qu'ils n’ont quittés que sous la pression de la nécessité pour s'établir dans la grande étendue monotone des zones bonifiées. L'œuvre ménage intelligemment la transition, elle facilite aux colons les voyages vers leurs pays d’origine, spécialement aux fiancés dont elle favorise le mariage. Dès 1934, l’œuvre assure l'existence de 2.953 familles d'anciens combattants groupant 25.600 membres ;
en 1937, 39.000 exploitations sont déjà concédées à des propriétaires définitifs, et, en 1939, on a presque atteint les 50.000. La nouvelle province de Littoria, conquête pacifique et féconde, couvre 210.170 hectares sur lesquels vit et prospère une population de 225.000 habitants.
À côté de son action économique et sociale, et pour la soutenir, le gouvernement fasciste a édicté toute une série de mesures d'ordre juridique visant à renforcer la Stabilité de la classe paysanne. La plus importante, qui date de 1939, concerne le domaine familial agricole, et a pour but le maintien de son intégrité, gage de meilleure productivité. |
La législation italienne accueille le principe de l’indivisibilité de l’exploitation agricole en cas de successions, principe qui s’applique à toutes les exploitations agricoles italiennes sans exception, qu’elles soient dépendantes de la colonisation ou indépendantes (43). Désormais, dans le cas où un ou plusieurs biens rustiques (constituant une unité économique dont le revenu ne dépasse pas les besoins normaux d’une famille) feraient partie de la succession et où le défunt n’aurait pas désigné d’héritier, cette unité sera assignée intégralement, comme part d’héritage, avec les ustensiles, outils, cheptel qui lui sont attachés à celui des héritiers (de préférence le descendant mâle direct) qui sera disposé à accepter l’héritage et considéré comme apte à cultiver ces biens. Cette innovation fasciste se rapproche de la conception nationale-socialiste du « bien héréditaire de famille », fondement de la nouvelle paysannerie allemande (44).
SECTION V
Résultats obtenus
L'un des buts de la politique agraire du fascisme a été de procurer à l’Italie son indépendance alimentaire par
(43) Cf. Revue Internationale d'Agriculture, juin 1939. — La nouvelle organisation économique de l'Italie, pp. 301 E à 306 E. (44) Cf. infra, p. 195 et suiv.
l'augmentation de sa production agricole. Dans ce domaine, le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats ont dépassé les espoirs les plus optimistes.
La « Bataille du Blé », engagée en 1925, est d'ores et déjà gagnée et s’achemine chaque année vers une victoire plus complète (45).
La moyenne de production du blé pour la
période 1906-1910 est de 49.073.000 quintaux
— 1911-1915 — 49.697.000 ——- — 1916-1920 — 44.140.000 — — 1926-1930 — 60.705.000 —— — 1931-1935 — 72.705.000 — pour l’année 1936 — 61.119.000 — | — 1937 — 80.636.000 —- — 1938 — 80.918.000 —
Nous savons que l'Italie, pour suffire à ses besoins en temps normal, doit produire 80 millions de quintaux par an (46). Elle les dépasse dès 1937, et M. Mussozini déclare le 10 octobre 1938, devant la Commission suprême, que la superficie emblavée, qui est de 5.197.000 hectares en 1937 (contre 4.700.000 en 1920) devra normalement s’élever durant les années suivantes à 5.500.000 hectares et la production de blé à 90.000.000 de quintaux (47). Le rendement à l’hectare, qui est de 10,4 pour la période 1910-1914, de 12,4 pour la période 1926-1930 et de 14,8 pour la période 1931-1935, s'élève à 16 en 1938. Depuis : 1935, l'Italie occupe la troisième place parmi les pays européens producteurs de blé (après l’U. R. S. S$. et la France), et la seconde place dans le monde entier pour la production des blés durs.
(45) Cf. Annuario statistico italiano, 1939, Rome, 1939, vol. VI, p. 59.
(46) L'importation de blé, jusqu'en 1928, reste supérieure à 20 millions de quintaux par an et ne dépasse plus 5 millions 1/2 de quintaux depuis 1933. Son augmentation subite en 1937, où elle s'élève de nouveau à 16 millions de quintaux correspond seulement au stockage que l'Italie entreprend dans l'éventualité d'une guerre.
(47) Cf. Sindicato e corporazione, oct. 1938, p. 675. Il est même à prévoir qu'un jour l'Italie deviendra exportatrice de blé.
Le sarrasin voit également sa production augmenter de façon considérable (48) :
Moyenne 1916-1920 21.137.000 quintaux —* 1926-1930 24.773.000 — —- 1936-1939 30.082.000 --
La production du maïs, de l’avoine et de la pomme de terre progresse dans les mêmes proportions.
La betterave à sucre, qui couvre à peine quelques milliers d'hectares en 1920, en occupe 90.000 en 1934 et 135.798 en 1938, correspondant à 32.533.000 quintaux, qui suffisent déjà aux besoins alimentaires du pays, mais qu’on veut augmenter pour en tirer de l’alcool carburant.
Et le riz, dont les pouvoirs nutritifs sont si intéressants (49), passe de 5.134.000 quintaux (moyenne 1911- 1915) à 6.663.000 quintaux (moyenne 1926-1930), puis à 7.453.000 quintaux (moyenne 1934-1938).
La production d’agrumes atteint en 1939 son point culminant avec 8.354.000 quintaux, et celle d’huile d'olive en 1938 avec 2.492.000 hectolitres.
Les fruits, primeurs et fleurs conquièrent (jusqu’à l’époque des sanctions), les marchés mondiaux par leur qualité imbattable, obtenue grâce aux procédés rationnels que nous avons énoncés en étudiant l’organisation des marchés.
Quant à la production de vin, si elle reste stationnaire, c’est à dessein, pour équilibrer à peu près la production avec la consommation nationale en raison du manque de débouchés extérieurs, C’est seulement depuis les sanctions qu’on la stimule pour obtenir du carburant national.
En dehors des cultures alimentaires, les cultures industrielles se sont développées intensément.
L'Italie s’efforce en effet de remplacer par des produits indigènes quelques-uns des produits nécessaires qu’elle
(48) Tous les chiffres de la precueñon proviennent de l'Annuario Statistico italiano, pp. 59 et suiv.
(49) L'Italie se sert également de riz pour augmenter la production de la cellulose en mettant en valeur la paille de riz.
Robert Mallet. ve: : 10
doit importer. C’est ainsi qu’elle tend à substituer l’huile de ricin aux huiles lubrifiantes d'importation, et le chanvre et le lin au jute. Le chanvre surtout est en gros progrès, il couvre en 1938 plus de 100.000 hectares (1.086.000 quintaux). La sériciculture est relevée et les exportations de soie sont croissantes depuis 1935. L'Italie a même fait l'essai d’une nouvelle culture, celle du coton qui est un véritable succès. En 1934, 2.958 hectares sont consacrés au coton, en 1937, 23.000 et en 1939, plus de 50.000 (50).
Le cheptel italien demeure à peu près au même point : il ne s’accroît pas à cause de l'insuffisance des fourrages italiens. Pourtant, la production de lait est excédentaire en raison de la sélection des races bovines et du perfectionnement des méthodes d'élevage ; et 4 à 5 millions de quintaux de lait sont transformés annuellement en 12 millions de kilos de « caséine textile », qui donnent eux-mêmes du lanital, succédané de la laine (51).
Au bout äe 17 années, le but économique du mouvement agraire fasciste est atteint, autant qu'il permet de l’être. M. Mussozini l’a reconnu lui-même (52) : « Pas une « nation au monde ne peut réaliser sur son propre terri- « toire l’idéal de l’autonomie économique au sens absolu, « c’est-à-dire à raison de cent pour cent, mais toute nation « cherche à se libérer dans la mesure la plus large des « servitudes économiques étrangères ». On peut dire que l'Italie a obtenu sa libération maxima.
Mais la victoire démographique a-t-elle été aussi incontestablement remportée par le mouvement agraire ?
En 1921, la population totale italienne est de 38.710.576 personnes. En 1931, elle est de 41.176.671 personnes et au 1° décembre 1938 (dernier recensement officiel), elle est de 44.069.000 personnes (soit, en 17 ans, un
(50) Annuaire International de statistique agricole, 1938-1939. Rome, 1959 pal.
(51) Renseignements tirés du Bulletin du Comité National de l'Organisation Française, mai 1939, p. 285.
(52) Discours prononcé à l'Assemblée Nationale des Corporations, le 23 mars 1936, contenu dans L'Etat corporatif, déjà cité, p. 75.
accroissement de 5.358.424 âmes) ; durant la même période la densité passe de 125 habitants au km? à 133 (53).
L’active politique de natalité a été accompagnée d’une politique de restriction à l’émigration.-Le fascisme, comme nous l'avons démontré, a besoin d'augmenter son potentiel humain et ne peut plus tolérer une hémorragie démographique comparable à celle d'avant la guerre. L’émigration des paysans, qui était la plus forte, est désormais entravée; elle ne peut plus être que de 11 % de ce qu’elle était avant 1921 (54). Les moyennes périodiques de l’émigration attestent sa diminution importante :
Moyenne 1921-1925 ..... 143.281 émigrants ie 1926-1930 ..... 134.347 -- — 1931-1936 ..... 67.208 —— — 1936-1939 ..... 43.566 — (55).
Mais on ne se contente pas d’entraver les départs, on facilite les rapatriements. De 1921 à 1936, 1.674.711 Italiens sont rapatriés, soit sur leur demande, soit sur l'offre de l'Etat et en 1938 « une commission permanente des Italiens établis à l’étranger » est créée, qui a pour tâche de . coordonner les efforts en vue du retour des émigrés (56).
L'’accroissement de la population italienne, voulu par le fascisme, est une réalité, mais en face de cette réalité s’en dresse une autre, qui rend le problème angoissant: la pénurie de débouchés pour la main-d'œuvre. A cette pénurie, nous avons vu que le fascisme a voulu remédier par l’entreprise de la Borification et par la colonisation intérieure auxquelles elle a demandé d’absorber toute la masse excédentaire, d’abord en faisant aménager la terre, ensuite en la lui faisant exploiter. Mais les 5.700.103 hectares con-
(53) De 1901 à 1921, nous avons vu qu'elle avait déjà augmenté de 6 millions. La progression est donc constante. Cf. Annuaric statistico italiano, 1939, p: 9.
(54) Cf. Joseph Aynard, « Population et émigration italienne », Le musée social, janvier 1938, p. 9. :
(55) Cf. B. I. T. Année sociale 1938-1939, Genève, 1939, p. 284 et Annuario statistico italiano, 1939, p. 56.
(56) Cf. Joseph Aynard, op. cit, p. 10.
quis sur la nature, de 1921 à 1938, ne sauraient suffire à la nourriture des 5.358.424 nouveaux Italiens suscités pendant les mêmes 17 années. Si l’on faisait entre les deux chiffres le rapport qu’autorise une approximation due au plus grand des hasards, on s’apercevrait qu’à un million d'hommes correspondrait 1 million d’hectares, c’est-à-dire que chaque hectare devrait assurer la subsistance d’un homme, ce qui — on s’en rend compte — n’est réalisable que dans le monde des idées.
L'Italie a dirigé vers la terre le plus d’Italiens qu’elle a pu (c’est à dessein que nous ne disons pas « a fait retourner à la terre » et nous en expliquerons les raisons plus loin), elle a allégé le fardeau constitué par une population excédentaire qui pesait sur son économie, mais elle ne l’a pas supprimé.
Aucune statistique ne nous a fourni le chiffre total des colons installés sur les terres bonifiées (57). Nous avons dû chercher la preuve de notre thèse par un procédé inverse, c’est-à-dire dans les chiffres indiquant le nombre d’Italiens qui ne sont pas allés à la terre.
Le chômage qui, avant 1926, oscille chaque année autour de 400.000 hommes est représenté pour la période 1926-1929 par une moyenne de 320.396 chômeurs, chiffre qui monte progressivement jusqu’à 1.018.955 chômeurs en 1933 pour redescendre à 963.677 en 1934 (sur lesquels on compte plus de 150.000 chômeurs agricoles) (58). A partir de 1934, aucune statistique officielle italienne ne fournit les chiffres du chômage, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en ait plus. Des renseignements officieux nous permettent d’assurer que, de 1935 à 1939, le nombre de chômeurs italiens n’est jamais descendu au-dessous de 500.000.
Nous savons que les travaux de bonification ont atteint en 1934, avec 72.484 ouvriers. leur maximum d’embau-
(57) Nous savons seulement que de 1930 à 1935 compris, on a installé 6.766 familles de 52.279 membres. Cf. Boll. della R. Soc: geogr. ital., vol. I, 1936, p. 317.
(58) Cf. Annuaire des statistiques du travail, B. I. T., Genève, 1939, p. 46.
chage. À partir de 1935, ils n’occupent plus annuellement qu’une moyenne de 40.000 ouvriers (59). La Bonification intégrale a donc contribué à atténuer le chômage dans la proportion de 8 % environ, ce qui n’est pas considérable.
Quant aux migrations intérieures qui, avant 1938, portent sur plus de 400.000 individus, elles voient leur moyenne tomber à 347.270 pour la ‘période 1929-33, et à 249.000 pour la période 1933-1936. La diminution, qui porte sur 100.000 individus environ, est due indéniablement à la colonisation intérieure et correspond.à la fixation à la terre, à sa terre, de la main-d'œuvre agricole flottante (60). Les pourcentages établis pour les vingt régions les plus peuplées prouvent que le travail nomade est réellement en régression dans treize d’entre elles, et a entièrement disparu dans les sept autres (61).
La stabilisation des agriculteurs italiens est prouvée également par les chiffres suivants :
Le nombre des fermiers passe de 513.382 en 1921 à 1.159.436 en 1936.
Le nombre des métayers passe de 1.088.766 en 1931 à 1.259.763 en 1936.
Le nombre des salariés passe de 3.170.059 en 1921 à 1.790.946 en 1936.
Comme on le voit, les métayers et les fermiers sont considérablement plus nombreux, tandis que les salariés (en général migrateurs) le sont beaucoup moins (62).
Le mouvement en faveur de l’agriculture en Italie n’aboutit pas à un Retour à la Terre, mais à une fixation au sol des éléments ruraux en surnombre. Ce ne sont pas les chômeurs urbains qui constituent les colonies agricoles,
(59) Cf. G. C. Baravelli, op. cit, p. 39. à
(60) Cf. Renato Affricano, « Lo sviluppo delle migrazioni interne e la politica di ruralizzazione », Rivista di politica economica, mars 1935, p. 326, et Henry Peyret, « L'Agriculture italienne sous le régime fasciste », Revue des Agriculteurs de France, nov. 1936, p. 523.
(61) Cf Bulletin quotidien, n° 56 du 8 mars 1939 et Baravelli, op. cit. p. 33.
(62) Chiffres fournis par Molinari, La struttura della popolazione rurale italiana e le nuove figure agricole rilevate nell' VIII Censimento », Rome, 1937.
mais les chômeurs agricoles, les braccianti et les familles paysannes des régions à peuplement trop dense. Sur les 6.766 familles installées de 1930 à 1935 dans les zones bonifiées, 60 % proviennent de la Vénétie et 20 % de l'Emilie, régions essentiellement agricoles (63).
Il ne peut être question d’un retour à la terre véritable que dans un pays souffrant de surindustrialisation. Or, l’Italie est encore sous-industrialisée. La politique d’autarcie l’a conduite à intensifier son équipement usinier, à tirer parti de ses moindres ressources minières et depuis l’avènement du fascisme, des dizaines de milliers d’Italiens ont été employés dans les entreprises nouvellement créées ou agrandies. On peut dire que les quelque 500.000 chômeurs que compte l'Italie en 1939 n’ont pas été chassés de l’usine par la crise, mais n’ont pu encore y être embauchés. L'industrialisation de l'Italie va de pair avec son mouvement agraire, elle le complète. L’excédent de l’un ne va pas combler le déficit de l’autre, comme ce pourrait être le cas en Angleterre ou en Allemagne, puisque le seul excédent italien est rural. Il s’agit d'empêcher cet excédent de fuir l'Italie pour trouver sa nourriture, et l’on essaie de le fixer à la terre dont on a tiré de nouvelles possibilités de subsistance. Le but à atteindre est donc d'empêcher un exode rural qui — vu la structure de l’économie italienne — se transforme en émigration, et non pas d'opérer un retour à la terre des éléments urbains.
Cet essai lui-même n’est pas concluant, si nous nous en référons au témoignage irrécusable des chiffres officiellement admis par le Gouvernement Italien.
Alors qu’en 1921 (64) la population agricole comprend 10.264.106 personnes (soit 55.8 % de la population active totale), en 1931 (65) elle ne compte plus que 8.092.647 personnes (soit 46 % de la population active).
(63) Cf. Bollet. della Roy. soc. geogr. ital., vol. I, 1936, p. 320.
(64) Cf. Censimento della popolazione del Regno d'Italia al 1 déc. 1921, vol. XIX, Relazione generale, Rome, 1928.
(65) Cf. Censimento generale della popolazione, 21 aprile 1931, vov. IV, Relazione generale, Rome, 1934.
En 1936 (66) elle remonte à 8.851.643 personnes. On enregistre en 5 ans un gain de 758.996 personnes, correspondant à la politique de bonification intégrale et de colonisation intérieure. Mais le pourcentage de la population agricole par rapport à la population active totale continue à diminuer. Il n’est plus que de 40.9 % ce qui indique nettement la tendance générale de la population à préférer les activités industrielles ou commerciales, favorisées par l'essor de l’agriculture, à l’activité agricole elle-même, malgré tous les efforts de l'Etat.
En 1939, l'Italie a conquis son indépendance alimentaire, facteur premier de sa puissance politique, mais elle a vu dans l'accroissement de sa population un facteur aussi important de puissance politique, et si elle a mis un terme à sa sous-production agricole, elle n’en a pas mis un à ce que nous oserons appeler sa « surproduction d’hommes ». Elle a voulu faire coïncider sa politique d’accroissement de la population avec sa politique d’accroissement agricole, et elle s’est servie de la terre comme d’un instrument de stabilisation sociale et de fixation de ses nationaux, en même temps qu’elle lui à demandé sa nourriture. Elle a accompli le plus remarquable redressement agricole, atténuant grâce à lui son malaise démographique, mais elle n’a pas opéré un Retour à la Terre.
(66) Cf. Popolazione residente e popolazione presente, secondo le categorie di attivita economica, publ. par l'Istituto Centrale di statistica del regno
d'Italia, Rome, 1937.