habitants
(29) Cf. La Population de la France, p. 80.
(30) Cf. Boverat, Comment nous vaincrons la dénatalité. Ed. de l'Alliance “Nationale contre la dépopulation, 1939, p. 8.
natalité à outrance si elle ne veut pas être précipitée dans une décadence catastrophique. Or, qui veut favoriser la natalité doit favoriser Ja classe paysanne, car en France, comme dans tous les autres pays, la natalité est supérieure dans les campagnes. C’est ce qui ressort clairement d’une étude approfondie de l’état démographique des 31 départements français les plus ruraux (ceux où l’on rencontre 50 % de cultivateurs).
Le taux de reproduction net pour ces 31 départements est de 101, c’est-à-dire que 100 femmes mettent 101 filles ‘au monde pour les remplacer, alors que le taux pour la France entière est de 94, et le taux urbaïn de 55 (31).
Déjà, à la fin du xix° siècle, le célèbre statisticien français LEVASSEUR avait prouvé, avec chiffres à l'appui, que les campagnes étaient beaucoup plus fécondes que les villes (32). Ses conclusions ont été reprises en 1936 par les spécialistes les plus qualifiés (33) qui se sont prononcés formellement contre les effets déplorables de l’exode rural sur la démographie française : « Ce mouvement des campagnes vers les villes a entraîné de fâcheuses conséquences du point de vue de la natalité, plus élevée dans les campagnes que dans les villes, et de la mortalité. Il a contribué pour une part non négligeable à l’ahaissement de la fécondité qui a placé la France dans la mauvaise situation démographique qu’elle occupe depuis un assez grand nombre d’années déjà. »