‹ Necker économisteChapitre 10 sur 87 · Lausanne, p. 309: Staël, p · texte numérisé non relu

Lausanne, p. 309: Staël, p

Cette phrase malheureuse lui attire une réponse foudroyante de Necker :

« Quoi, Monsieur, c'est pour soutenir le privilège, que Sa Majesté a porté la guerre dans l'Inde ? ce n'est pas pour défendre ses colonies? ce n'est pas pour protéger le commerce et les établissemens de la nation ? ce n'est pas pour attaquer les ennemis de l'État, dans toutes leurs possessions ? Le privilège n'est autre chose que le moyen quia été jugé le meilleur pour exercer le commerce et diriger les colonies de l'Inde, mais c'est uniquement ce commerce et ces colonies qui attirent la défense du Souverain, cela est évident (1). »

La réponse de Necker est un hommage, d'autant plus précieux, aux efforts magnifiques de La Bourdonnais et de Dupleix pour créer un empire français dans l'Inde (1745- 1756), que l'opinion de Morellet était en somme celle de la Cour aveuglée et de la grande majorité des Français du temps. Il a fallu presque cent ans pour que le développement de l'empire britannique de l'Inde fit comprendre quelle conquête grandiose nous avait échappé et quelle intarissable source de richesses. Les contemporains de Necker n'attachaient guère d'importance à la colonisation, et surtout aux comptoirs de llnde, et la citation ci dessus est à retenir comme indiquant, chez Necker, un sentiment de la réalité acquis sans doute par la pratique des affaires de la Compagnie, mais qui lui fait une place à part parmi les écrivains et les hommes d'État de son temps.

Necker aborde, ensuite, l'étude des vicissitudes financières de la Compagnie depuis son origine.

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