Ed. de Lausanne, p. 307; Staël, p
» C'est cette Compagnie qui a formé tous les établissements de l'Inde, c'est elle qui a changé deux isles incultes et désertes dans deux isles commerçantes et cultivées, c'est elle qui a voit élevé la ville de Pondichéry et tous ces établissements florissants qui excitoient l'envie des autres nations avant la dernière guerre: c'est cette Compagnie quia, pour ainsi dire, créé la ville de l'Orient, c'est elle qui entend encore aujourd'hui les cris de ses citoyens qui s'intéressent à son sort, et les vœux consolans de toute une province, c'est cette même Compagnie qui, depuis la paix, a franchi de nouveau tous les obstacles, qui a relevé les établissements de la nation détruits par la guerre , qui a déjà changé des monceaux de ruines en une ville peuplée qui commence à retracer l'image de l'ancienne Pondichéry, et qui, dans peu, sans doute, auroit fait oublier tous ses malheurs ; c'est cette Compagnie qui, depuis 1764, a liquidé soixante millions de dettes contractées par Sa Majesté dans les Indes : qui vient d'apporter dans le royaume toutes les marchandises des Indes et de la Chine, dont l'écoulement paroit possible en France; c'est cette même Compagnie qui nourrit aujourd'hui quatre mille matelots, qui emploie un nombre infini de commis et de serviteurs, tant en Europe qu'aux Indes, qui occupe des manufactures de toute espèce, qui entrelient un corps respectable d'officiers de marine, dignes d'être employés et dans la paix et dans la guerre (l). »
Entraîné par l'ardeur de la discussion, Morellet, parlant dos dépenses de la guerre de l'Inde, s'était laissé aller à dire : « Toujours pour le soulien du privilège exclusif ».