Académie, 20. — Lausanne, III, 199. — Staël, XV
Il est peut-être plus facile encore de reprocher à l'auteur la manière optimiste dont il rattache l'accroissement de la population à celui de l'aisance générale. Il serait fort étonné, certes, de voir établie par les faits une théorie exactement opposée. L'expérience de notre temps semble bien prouver que l'accroissement de la population diminue tout au moins à partir d'un certain degré de développement de l'aisance. On pourrait critiquer aussi la manière assez bizarre dont Necker explique les rapports du propriétaire possesseur d'un excédent de subsistance avec les industriels et les négociants. Dans cette thèse que l'agriculture fait naître les subsistances, que les manufactures les retiennent, les fout servir en entier à la population nationale et que le commerce favorise à la fois les produits de la terre et ceux de l'industrie, on ne sait si l'on doit voir une répudiation du principe fondamental des physiocrates. On verra, dans le dernier chapitre, à quelles idées se rattache ce passage.
L'auteur continue ainsi, et il semble alors abonder dans le sens des physiocrates : « L'administrateur éternel, en ordonnant à la terre de multiplier la semence dans son sein, et de déployer au temps des moissons ses nouvelles richesses, semble n'avoir voulu confier qu'à ses soins paternels et les sources de la vie, et Ja reproduction des biens qui l'entretiennent et la multiplient (1). »
Cette phrase amphigourique où l'auteur parle à la fois du sein de la terre et de ses soins paternels, sera encore développée dans la Législation des grains. On peut