Staël, 30. — Lausanne
accusé d'en avoir ignoré l'importance. Mais, dit on, il n'a pas permis dans tous les temps la sortie des blés, sans mesure et sans limite. Il n'a donc pas senti que la liberté est l'âme du commerce; il n'a donc pas connu les effets invincibles de la concurrence; il n'a donc pas aperçu la puissance de l'intérêt personnel. On ne croira point que ces principes fussent étrangers à Golbert ; mais il les avait observés avec cet esprit de sagesse, avec cette perception fine et sûre d'elle-même, traits distinctifs d'un homme supérieur (1). »
Cette perception fine et sûre d'elle-même, conduisit Colbcrt au dessein d'élever la France au plus haut degré de prospérité dont un pays soit susceptible. « C'est celui où toutes ses terres sont cultivées, où, sans imposer de privation, sans contrarier le bonheur, tous les grains sont consommés par les membres de la société, et où l'industrie, s'accroissant encore, procure par ses travaux des droits sur les subsistances des pays étrangers, et de nouveaux moyens d'augmenter la population (2). »
Cette formule est celle qui exprime avec le plus de netteté la pensée de Necker. Ces différentes parties s'équilibrent et s'expliquent. Il faudrait toujours l'avoir présente à l'esprit quand on lit certaines parties de la Législation des grains.
Sur la question des blés, Necker est en effet un éclectique, et, pourrait-on dire, un opportuniste. S'il pose le principe que l'exportation des grains doit être interdite en