Académie, p. 29.— Lausanne, 201;.— siaël
principe, il ne 1 Interdit pus dans [es temps d'abondance et de superflu. Celle idée, naturellement, est toujours celle de Colbert. « Colbert se faisoit rendre compte du prix des récoltes dans les diverses provinces, il comparoit leur résultat aux besoins du royaume ; sur ce rapport, il permettoit, modéroit ou défendoit l'exportation des grains, et Ton voit que sous son ministère elle fut très souvent permise. Il faisoit connaître, par un édit, les intentions du Roi à cet égard... Si Colbert annonçoit chaque année la volonté du souverain sur l'exportation des grains, c'est qu'il ne eroyoit pas qu'il y eut un moyen invariable d'en fixer les conditions avec sagesse ; c'est qu'il ne voyoit pas quel étoit le signe éternel qui pourroit annoncer sans méprise oùcommenceroitla sortie du nécessaire, où finiroit celle du superflu (1). »
Les raisons qui empêchaient Colbert de fixer ce point essentiel sont expliquées alors par Necker. Colbert ne croyait pas que le prix des grains put le faire connaître, parce que lui-même est le résultat d'une infinité de circonstances, subordonné à l'abondance de la denrée et de celle de l'argent, aux variations du taux de l'intérêt, aux besoins des peuples voisins, aux manœuvres du commerce. Il faut bien réfléchir que dans ce temps il n'y avait point de statistiques, que les renseignements étaient très incertains et très tardifs, et cela explique dans une certaine mesure pourquoi la liberté du commerce, dont on avait après tout essayé, n'avait pas donné à l'usage les résultats qu'on en