‹ Necker économisteChapitre 20 sur 87 · Académie, p. 30-31.— Lausanne, 207-208. — Staël, 34-3o · texte numérisé non relu

Académie, p. 30-31.— Lausanne, 207-208. — Staël, 34-3o

attend aujourd'hui. Mais Necker fournit une autre explication, très caractéristique aussi des temps troublés d'autrefois.

« Il est des circonstances importantes que le prix ne peut pas exprimer, parce qu'elles sont ignorées des acheteurs et des vendeurs, et que l'administration seule peut les apercevoir. Telles sont des lois prohibitives concertées au dehors, qui vont priver la nation des ressources auxquelles elle est habituée, et telles sont surtout les craintes d'une guerre qui troublera les communications, et qui dévastera les pays agricoles (1). »

En somme, les considérations de salut public qui, dans certains cas, empêchent aujourd'hui de laisser libre le jeu des intérêts économiques, étaient alors regardées comme d'application ordinaire, et il ne faut pas trop s'en étonner, quand on songe que les années de guerre étaient à peu près aussi nombreuses que les années de paix. On vivait ainsi tantôt sous le régime d'une espèce de blocus, tantôt sous la menace plus ou moins prochaine d'un blocus.

Au sujet de la liberté du commerce et de celle de la concurrence, « ces deux grands mots auxquels on veut réduire aujourd'hui toute la science de l'administration des grains », Golbert, dit Necker, « n'ignoroit pas sans doute que cette concurrence, à qui on accorde tant de pouvoir, rétablit tôt ou tard le niveau qu'elle a dérangé ; mais il savait aussi qu'elle n'y parvient qu'au bout d'un temps donné : intervalle indifférent et presque imperceptible

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