‹ Necker économisteChapitre 22 sur 87 · Académie, p. 35; Lausanne, 211 : Slacl · texte numérisé non relu

Académie, p. 35; Lausanne, 211 : Slacl

des inégalités de jouissances, eUa supériorité des unes surles autres fut exprimée par le mot de luxe. » Il a sur la nécessité du luxe des idées dont les unes sont assez naturelles mais dont les autres provoqueraientaujourd'hui des réclamations.

« Il faudrait pour l'arrêter dans un pays tel que la France, interdire à la terre d'être fertile, aux hommes d'être industrieux, ou ordonner aux propriétaires de ne plus échanger contre le travail des subsistances superflues... Ces institutions austères, même infiniment modifiées, ne peuvent convenir qu'aux petites républiques, qui ne subsistent que par le plaisir de légalité ; mais dans un pays monarchique, où les rangs et la naissance accoutument de bonne heure aux: distinctions, celles des richesses ne peuvent plus offenser, elles consolent au contraire en présentant au talent un moyen de s'élever ; et quant à ces hommes que la propriété condamne à ne chercher que le nécessaire, ils regardent lesriches comme des êtres d'une espèce différente, et leur magnificence, comme un attribut de leur grandeur. Ce n'est point par ce spectacle que le pauvre est malheureux ; comme les rayons d'un grand jour, cette pompe éblouit ses yeux et le distrait du malheur de l'envie (1). »

Ces dernières observations portent la marque du temps. Elles convenaient à Genève et à la France de Louis XV; Necker, qui est mort en 1804, a eu dix années et davantage pour observer les sentiments qu'inspire aux pauvres, dans certaines circonstances, le spectacle ou le souvenir de luxe des riches.

Page 1