‹ Necker économisteChapitre 23 sur 87 · Académie, p. 43 : Lausanne, 220 ; Staël · texte numérisé non relu

Académie, p. 43 : Lausanne, 220 ; Staël

Un peu plus loin nous rencontrons des réflexions singulièrement plus justes et plus profondes : « S'il est un luxe qui ne détruit pas le bonheur, il nuit toujours à la force nationale, en amollissant les mœurs ; il soumit aux Grecs l'empire des Perses, il renversa la République romaine. Les temps sont bien changés; Colbert l'avoit sans doute aperçu ; il avoit promené ses regards sur ces nombreuses armées qui s'élevoient en Europe, et réfléchissant profondément sur la discipline rigoureuse qu'on établissoit, et qui devoit gouverner cent mille hommes par un seul mouvement et par une môme volonté, il vit avec douleur que ces vieilles vertus de la Grèce et de Rome, l'amour de la patrie, le fanatisme de la gloire, ne seroient plus et ne pou voient plus être Tunique force des Etats.

» Je m'arrête peut-être ici sur une triste vérité; mais on ne sauroit attribuer trop d'influence à l'invention de cette discipline guerrière: en rendant les hommes égaux par la force de l'obéissance, elle a soustrait la puissance des Nations à l'anlique influence des mœurs, à cette énergie des âmes qui disposoitautrefois du sceptre du monde. Oui, c'est la perfection de cette discipline qui a mis la force dans le nombre et qui fait sentir à Colbert que l'argent, ce signe général des valeurs, le prix du service des hommes deviendroient nécessairement le fondement essentiel de la puissance politique (1) ».

La quatrième et dernière partie de Y Eloge ne contient rien qui intéresse l'économie politique. Il n'en est pas de même des Notes imprimées à la suite du texte et qui font

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