‹ Necker économisteChapitre 26 sur 87 · Académie, p. 77; Lausanne, p. 250; Staël, p · texte numérisé non relu

Académie, p. 77; Lausanne, p. 250; Staël, p

inégalité et des effets de cette inégalité : « L'étendue d'un pays, sa situation, la nature de son sol, l'industrie de ses habitans, et leur intelligence dans le commerce, voilà les causes de la différence des richesses entre les nations.

» Si deux pays inégaux en richesses, demeuroient isolés -et sans communication, il ne résulteroit de ces richesses qu'une inégalité de jouissances, qu'on pourroit estimer à son gré. Mais ces mêmes richesses se convertissent, par les échanges, en supériorité de force.

» Quand une nation troque le produit d'un de ses arpens contre celui de 10 arpens d'un autre pays, quand elle échange le travail d'un de ses hommes contre celui de 10 étrangers, il est sur que plus elle fait d'échanges pareils avec une autre nation, plus elle acquiert d'avantages sur elle.

» Pourquoi, dira-t-on? car ces deux nations n'auront échangé qu'une valeur contre une valeur égale; l'une estimoit autant ce qu'elle recevoit, que ce qu'elle donnoit : cela n'est pas douteux. Telleest la condition inséparable de tout échange libre ; mais de ces trocs égaux en opinion, il ne résulte pas moins une inégalité réelle

» Comparons, en effet, deux sociétés À et B, ayant un million d'ouvriers chacune, et pour rendre cette comparaison sensible, supposons que A, lune délies, obtint toujours le travail de 10 ouvriers de la société B, contre le travail d'un des siens ; alors la société A, avec 100.000 de ses ouvriers, obtiendroit le travail entier de la société B. Ces deux sociétés n'auront fait ensemble qu'un troc égal en opinion, j'en conviens ; mais il resteroit en superflu à ■Ja société A, b. travail de 900.000 ouvriers, et voilà la

supériorité établie, car avec cet excédent de travail, la société A pourra augmenter sa population, en achetant les subsistances de la société B, ou celles d'un autre pays.

« Il est donc clair qu'il y a une différence de richesses qui se termine en force par les échanges (1) ».

Après quelques considérations sans importance sur l'influence du Souverain sur la population et les richesses, l'auteur arrive à des notes beaucoup plus longues sur les lois prohibitives. Le développement qu'il leur donne permet de résumer, ce que je vais essayer de faire, en me servant autant que possible des expressions mômes de Necker.

On entend par lois prohibitives celles qui défendent la sortie ou l'entrée de marchandises, ou qui y mettent des obstacles. Ces lois sont fort délicates à déterminer, parce qu'elles doiventtenir la balance entre le bonheur et la force.

Il faut pour le bonheur des propriétaires qu'ils puissent faire venir des pays étrangers tout ce qui leur plait. Il faut pour la population et la force d'un pays, que les propriétaires emploient toutes leurs substances superflues, à nourrir leurs compatriotes. Les lois prohibitives qui existent dans les différents pays de l'Europe ne sont pas des institutions ignorantes et barbares, ce sont des lois de société, semblables à tant d'autres qui représentent un sacrifice fait en faveur de la puissance nationale, et une prime payée par le bonheur pour assurer sa conservation.

Il serait dur et contraire à l'esprit social de défendre dans un pays l'entrée des biens étrangers dont il est privév

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