‹ Necker économisteChapitre 29 sur 87 · Académie, 108 ; Lausanne, 285; Staël · texte numérisé non relu

Académie, 108 ; Lausanne, 285; Staël

à intérêt, ou à faire valoir une nouvelle colonie, ou à ouvrir de nouvelles branches de commerce, ou à rembourser aux étrangers la dette nationale; et d'une manière ou d'autre, l'Etat gagnerait en jouissance l'intérêt annuel de cet argent. Jusqu'ici, tout va bien, du moins en gros, mais voici la conclusion de Necker :

« Il ne faudroit pas que plusieurs nations voulussent suivre cet exemple; car, comme chaque nation ne peut tirer parti de son argent qu'en l'appliquant à acquérir des biens chez l'étranger, et que cette acquisition suppose nécessairement l'estime que les étrangers font de cet argent, si chaque nation vouloit suppléer par du papier à l'argent qui circule chez elle, aucune ne pourroit tirer un avantage particulier de cette opération ; elles nuiroient seulement en commun à l'Espagne et au Portugal, qui ne sauroient que faire des métaux du Brésil et du Mexique, si toutes les nations pouvoient imiter l'exemple de l'Angleterre et instituer chez elles des billets de banque qui jouiroient de la confiance publique ; mais la nature des gouvernements de l'Europe rend le succès d'un pareil projet impossible (1). »

Les considérations suivantes sont plus sages. Necker signale les dangers de panique de l'opinion dans les pays dont le papier est la base de la circulation.il fait remarquer qu'il serait dangereux de donner à cette circulation une certaine étendue dans un pays de pouvoir absolu. Necker dit même monarchique, comme si la monarchie et le pouvoir absolu étaient inséparables. Voici ses raisons « parce

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