‹ Necker économisteChapitre 30 sur 87 · Académie, p. 114; Lausanne, 291; Staël · texte numérisé non relu

Académie, p. 114; Lausanne, 291; Staël

que la confiance publique y dépendant toujours de l'opî-* nion qu'on a du prince et de son ministre, il est dans la nature des hommes qu'elle ne soit pas durable ; mais en Angleterre, où l'ordre est l'effet des lois et de l'harmonie du gouvernement, la confiance dans les billets de banque peut durer longtemps (1). »

Necker s'élève contre le cours forcé des billets avec une grande énergie : « Les billets de monnoie établis par la force sont, de toutes les opérations injustes, la moins raisonnable ». Tout ce que peut faire l'État, c'est de payer ses créanciers avec ses billets, et il est obligé de les déprécierlui-même, pour qu'on ne les rapporte pas en paiement des impôts, parce qu'avec une telle monnaie il ne pourrait luimême rien acquérir. De même, l'exagération de la valeur numéraire des monnaies, qui constitue une banqueroute partielle dans les paiements de l'État, et aboutit à une hausse proportionnelle dans le prix des denrées. Necker trouve cependant naturel que le Souverain donne à la valeur des monnaies une certaine majoration équivalente aux frais de fabrication et un bénéfice d'un ou deux pour cent, qui empêche ces monnaies de sortir et d'entrer selon la variation des changes et du prix des métaux.

Viennnent ensuite les idées de Necker sur l'intérêt de l'argent et le crédit public. Il a soin d'observer d'abord : « Ce que je dis de l'intérêt est sous un poiut de vue politique, et n'a point de rapport avecles respectables maximes de la Religion sur ce point ». Voici comment il justifie et définit l'intérêt :

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