Académie,p 123-124 ; L. 301 ; St
Il n'est point de propriété plus respectable que celle des fonds publics. Toute infraction volontaire à la dette publique est uu déplacement de propriétés aussi injuste qu'inutile. Il n'est qu'une dette plus respectable encore, ce sont les pensions accordées à ces citoyens qui ont exposé leur vie et bravé les dangers pour la défense de leur pays, et qui n'ont souvent que quatre à cinq cents livres de rentes pour consolation de leurs infirmités, et pour prix de la plus noble des vertus sociales, celle du courage.
Il faut bien dire que si Necker est souvent un économiste attardé, ses opinions en matières financières sont beaucoup plus voisines des idées modernes. Il prévoit et explique nettement jusqu'à l'évasion des richesses mobilières et de leurs propriétaires, « du moment que les impôts sur les consommations renchériraient trop le prix de toutes les jouissances ».
Voici la fin des alinéas qu'il a consacrés à cette question r « La dette publique et les impôts sont immenses en Angleterre, si on les compare à la reproduction : aussi tout y est fort cher ; mais les charmes de la liberté servent jusqu'à présent de dédommagement. Cependant, comme l'Amérique Angloise offre la même liberté, si des circonstances extraordinaires occasionnoient en Angleterre de nouveaux besoins publics considérables, elle ne pourroit peut-être y pourvoir par de nouveaux impôts, sans occasionner une émigration, et sans contrarier ses établissements d'industrie (1). »
Necker consacre ensuite quelques paragraphes aux