L'ECONOMIE ALLEMANDE SOUS LE NAZISME
Un aspect de la décadence du Capitalisme.
1 volume in-8 raisin de la Bibliothèque Générale d'Economie Politique .* (sous presse)
Dans sou chapitre XX, Necker établit une distinction entre l'intérêt des propriétaires de blé, et les engagements nécessaires à L'agriculture.
Le bénéfice du propriétaire est toujours le résultat d'une comparaison faite entre le capital de la terre qu'il possède et le revenu qu'il en tire. S'il possède une terre achetée pour 80.000 francs, qui lui rend au denier quarante, 2.000 livres de rente, tant que les grains sont à 20 livres, s'il parvient à obtenir des lois qui fassent monter le prix à 30 livres, sa terre lui rend alors le denier trente. Le revenu de ce domaine est ainsi passé de 2.0 )0 à 3.00 livres et si le denier quarante est le taux général établi pour le prix des biens fonds, l'immeuble se vendra 120.000 livres. Le nouveau propriétaire ne tirera plus de sa terre que le denier quarante et il lui faudra demander, au nom de l'Agriculture, que le prix monte à 45 livres, afin d'avoir à son tour le denier trente. Ce renchérissement qui sert l'intérêt des propriétaires n'encourage en rien l'agriculture elle-même.
Les renchérissements nuisent aux manufactures en tenant les ouvriers dans un état d'inquiétude qui les force quelquefois à transporter ailleurs leur industrie. Le haut prix constant des blés nuit aussi à tous les ouvriers qui peuvent craindre la concurrence étrangère, par exemple, ceux qui travaillent des marchandises précieuses ou de pelit volume, de transport facile et peu coûteux. La concurrence étrangère n'est pas entièrement arrêtée par les lois prohibitives établies à l'entrée du royaume; on évalue son effet à 8 à 10 0/0, selon la vigilance des hommes préposés par la ferme.
L'influence de la liberté d'importation snr l'abaissement des prix et par suite sur le bien-être de la population ne touche pas Necker : « Ce raisonnement est illusoire. L'avantage de l'Etat ne peut jamais être l'effet du bénéfice de quelques particuliers, si ce bénéfice nuit à la richesse publique... Supposons que les étrangers puissent fournir l .000 aunes d'étoffe pour 1.000 septiers de blé, tandis qu'il en faut 1.1U0 aux ouvriers nationaux, afin d'obtenir d'eux le même travail; les consommateurs libres dans leur choix profiteront certainement de cette différence, mais la sociél.' sera exposée à perdre les habitants que cette fabrication occupoit et que ces mille septiers fournis aux étrangers pouvoicut nourrir (1). »
Il n'ignore pas l'objection a que si la liberté qu'on réclame détruisoit quelques manufactures, les ouvriers de ces manufactures sappliqueroient à d'autres ouvrages qu'on vendroit aux étrangers, et qu'ainsi la population et la richesse ne seroientpas contrariés (2) ».
Il répond que ce raisonnement ne serait juste « qu'autant qu'une réciprocité de commerce seroit établie ; elle n'existe pas ».
Necker reproche encore à la liberté constante d'exporter des grains, de nuire au commerce des manufactures nationales avec l'étranger. Entre tous les moyens donnés à la France pour payer les biens qui lui manquent, selon Necker, les plus avantageux sont la vente de ses ouvrages d'industrie ; ce commerce vaut mieux que celai de ses vins, quoique ce dernier soit préférable à la vente des blés.
1. Edit. princeps, I, 123-126. —Lausanne, p. 91. — Staël, Î05.