‹ Necker économisteChapitre 75 sur 87 · Ed. or., p. 99. — Lausanne, p. 352. — Staël, p · texte numérisé non relu

Ed. or., p. 99. — Lausanne, p. 352. — Staël, p

listes, cela ne ressort point de ce qu il écrit, mais les dernières phrases montrent on tout cas qu'il ne s en est point rapproché.

En ce qui concerne les aphorismes 5 et 6, plus il y a de commerce et d'industrie, plus la population est à l'aise, et plus grande est la population, plus grande aussi la prospérité économique , certainement Necker les a toujours considérés comme exacts en principe et il a même attaché une importance très particulière au développement de la population, ce qui résulte de l'ensemble de ses divers travaux où ces idées sont exprimées et sous-entendues partout, mais il faut bien convenir que dételles propositions ne sont pas caractéristiques d'une école ; elles ne sont pas en relation avec le seul mercantilisme, mais acceptées par toutes les écoles économiques.

Sur l'aphorisme 7 que Ion gagne davantage à exporter les matières fabriquées, Necker s'est prononcé pour l'affirmative, et surtout dans sa Législation. Dans les Notes, il nous dit bien que quand une nation a possède seule une matière première susceptible d'être travaillée et qui excite l'envie générale, elle peut ordonner que l'exportation n'ait lieu qu'après que la matière aura été fabriquée, afin d'augmenter le travail chez elle, et ses droits sur la puissance des autres nations », mais dans ce passage il ne fait guère que constater simplement un fait (1).

Necker est au contraire très précis dans un passage de la Législation (2), où parlant de l'exportation des blés, il

i. Éd. Acad.,p. 88. — Lausanne, p. 262. — Staël, p. 87. 2. Éd. orig. II, p. 95. — Lausanne, p. 237. — Staël, p. 272.

remarque qu'il « y auroit encore un moyen de procurer à la France une plus forte somme d'argent pour les ventes qu'elle feroit au dehors, sans augmenter cependant la limite d'exportation Ce seroit de ne permettre que la sortie des farines ; alors les étrangers auroient à payer, outre le prix des grains, les frais de mouture, et enfin le bénéfice que feroient les divers agens de ces sortes d'opérations ».

Il est encore bien plus précis, et plus général dans le chapitre XXIII de la première partie, qui est consacré précisément à démontrer la supériorité du commerce des objets fabriqués : « Entre tous les moyens donnés à la France pour payer les biens qui lui manquent, le plus avantageux, sans contredit, c'est la vente de ses ouvrages d'industrie. .. Je scais bien que presque tous les objets d'industrie sont composés d'une production du sol, mais quand le prix de ces ouvrages dérive principalement du travail, la portion de terre consacrée à la matière première est presque imperceptible... Il est donc manifeste que plus la valeur des marchandises qu'on vend aux étrangers est composée du prix du travail, plus on fait un commerce favorable à la population nationale (1). »

Sur le principe 8, que le commerce est plus avantageux quand il se fait avec les pays sur lesquels on exerce une suprématie, ou avec les colonies parfaitement dépendantes ,Necker ne s'explique qu'en ce qui concerne les colonies, et dans un sens qui n'est pas celui de l'école mercantile.

Necker a toujours été partisan des colonies, sans

1. Éd. orig., I, p. 137-139. — Lausanne, p. 98. — Staël, p. 114-117.

jamais s'en être occupé beaucoup. Sa réponse au mémoire de Morellet suppose indirectement qu'il est partisan de la conservation des colonies. On peut dire qu'il s'agit là d'un plaidoyer, mais dans son Administration (I), il dit expressément : « M'arrêterai- je à ces discours, si légèrement hasardés sur l'inutilité des colonies ? » et il explique comment les colonies sont une commodité pour se procurer les denrées qu'elles produisent, des débouchés pour les manufactures delà métropole, un aliment pour la navigation et une source de richesses pour les particuliers. « C'est donc, conclut-il, une propriété magnifique que celle des colonies d'Amérique. »

Quant à la manière de comprendre les rapports de la métropole avec les colonies, il n'en parle que dans les Notes (2). Il explique qu'il y a deux sortes de colonies, celles qui sont « l'effet d'une population excessive », et les colonies qui produisent du sucre, du café, etc. Dès que ces productions font partie des désirs de l'homme, et qu'on cherche à se les procurer, il est plus avantageux de le faire par une colonie que par des achats faits chez l'étranger.

« Car par cette dernière méthode, nous nourririons leurs colons, leurs navigateurs et leurs marchands, et par l'autre nous nourririons les nôtres. » Il se demande alors : faut-il que les colonies soient soumises à des lois particulières de prohibition ? et il répond : « Si une colonie étoit aussi facile à défendre qu'une province frontière,

1. Éd. orig., t. II, p. 110. — Lausanne, p. 303. — Staël, t. IV, p. 526.

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