‹ Necker économisteChapitre 82 sur 87 · Édit. Académie, p. 21. —Lausanne, p. 197. — Staël, p · texte numérisé non relu

Édit. Académie, p. 21. —Lausanne, p. 197. — Staël, p

2. Édit. Académie, p. 7o . — Lausanne, p. 247. — Staël, p. "(>.

3. Édit. originale, t. 1. p. 26. — Lausanne, p. 20. — Staël, p. 22.

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moyen de faire partager les terres également, et de renouveler encore ce partage toutes les années ; sans cet expédient, impossible à réaliser, etc (1). »

Necker envisage sans hostilité, sans effroi, l'idée dune organisation sociale communiste, mais il n'est point pour cela communiste ni parlageux. car il ne parait pas croire à la po-sibilité d'une transformation de la société dans ce sens.

C'est dans le traité de l'Importance des opinions religieuses (2), qu'il faut aller chercher le complément de sa pensée. «Dira ton imprudemment que si les distinctions de propriété sont un obstacle à l'établissement d'une morale politique, il faut travailler à les détruire ? Non. Si dans les âges d'égalité relative, les hommes n ont pu conserver ni la communauté des biens, ni l'égalité des partages, comment imagineroit-on que ces relations primitives puissent être rétablies » dans les conditions des sociétés modernes ? « Il faudroit pour maintenir cet état d'égalité que chacun exécutât fidèlement les devoirs imposés par la morale universelle. »

Necker n'a jamais expliqué d'une manière plus claire etpluscomplète pourquoi cette propriété doit être maintenue et se maintient, en effet, malgré les conséquences qui en résultent pour la classe laborieuse. Il semble bien que, dans son idée, ce maintien soit en relation avec les devoirs sociaux d'origine religieuse qui enchaînent entre eux les hommes : c'est du moins l'impression qui se dégage de l'étude du traité de l Importance des opinions religieuses.

t. Édi t. originale, t. I, p. 47. —Lausanne, p. 34. — Staël, p. 40. 2. Edit. originale, p. 46.— Staël, t. XII, p . 32.

C'est par des considérations de cet ordre que dans le Mémoire sur les Administrations provinciales , Necker fut amené à écrire certaines propositions qui l'ont fait regarder comme un partisan de l'absolutisme. Son absolutisme est de la même nature calviniste et genevoise que son socialisme ; il a pour base non le droit, mais le devoir chrétien, et sa conception de l'État Providence est celle de l'Etat, instrument intelligent de la Providence.

C'est dans le même esprit qu'il faut interpréter l'hosti lité avec laquelle Necker parle si souvent des riches. 11 y a un souffle biblique dans la comparaison fameuse de la compétition des travailleurs et des capitalistes : « Ce sont des lions et des animaux sans défense qui vivent ensemble; on ne peut augmenter la part de ceux-ci qu'en trompant la vigilance des autres et en ne leur laissant pas le temps de s'élancer (1). »

Les plus ardents ennemis du capitalisme ne pourraient d'ailleurs trouver de plus fortes expressions. Et aussi quelle véhémente formule de la lutte des classes que cet autre passage de Necker : « Il s'établit entre ces deux classes de la société une sorte de combat obscur, mais terrible, où l'on ne peut compter le nombre des malheureux, où le fort opprime le faible, à l'abri des lois, où la propriété accable du poids de ses prérogatives l'homme qui vit du travail de ses mains (2). »

Chrétien ou non, genevois ou personnel, le socialisme de Necker s'exprime d'une manière moins vigoureuse mais

1. Législation, t. II, p. 149. — Lausanne, p. 274. — Staël, p. 316.

2. Législation, édit. originale, t. 1, p. 87. — Lausanne, p. 62. — Staël. i. 73. — Molinari, p. 242.

p. 73. — Molinari, p,

remarquable dans le premier paragraphe de la conclusion delà Législation.

« En arrêtant sa pensée sur la société et sur ses rapports, on est frappé d'une idée générale qui mérite bien d'être approfondie; c'est que presque toutes les institutions civiles ont été faites pour les propriétaires. On est effrayé, en ouvrant le code des lois, de n'y découvrir partout que le témoignage de cette vérité. On diroit qu'un petit nombre d'hommes après s'être partagé la terre, ont fait des lois d'union et de garantie contre la multitude, comme ils auroient mis des abris dans les bois pour se défendre des bêtes sauvages.

» Cependant, on ose le dire, après avoir établi les lois de propriété, de justice et de liberté, on n'a presque rien fait encore pour la classe la plus nombreuse des citoyens. Que nous importent vos lois de propriété? pourroient-ils dire : nous ne possédons rien. Vos lois de justice ? nous n'avons rien à défendre. Vos lois de liberté ? si nous ne travaillons pas demain, nous mourrons (I) »

Ce n'est plus l'imprécation biblique, c'est la classique revendication du prolétaire conscient que l'on retrouve dans cette page .

Après la « classe la plus nombreuse », le droit à la vie. Dès Y Eloge de Colbert (2), nous le voyons apparaître sous la plume de Necker : « Cette multitude d'hommes qui n'ont rien à échanger, qui ne veulent que du pain pour le prix de leur travail, et qui en naissant ont acquis le droit de vivre, ils ont aussi leurs titres. » Et dans les Notes :

1. Edit. originale, t. II, p. 170. — Lausanne, p. 289. —Staël, p. 333.

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