‹ Necker, Sur la legislation et le commerce des grains. Montyon, Quelle influence ont les diverses especes d'impots sur la muralite, l'activite et l'industrie des peuples. J. Bentham, Lettres sur la defense de l'usure, Precedes de notices historiques sur chaque auteur, et accompagnes de commentaires et de notes explicativesChapitre 34 sur 96 · I.F.c-.ISLATlON KT COMMEKCK DES GiSAINS · texte numérisé non relu

I.F.c-.ISLATlON KT COMMEKCK DES GiSAINS

gens un béiuficc ([iii appartenait à moins de personnes avant ce partage; mais on se trompe évidemment, si, par la concurrence qu'on a fait naître, on a contrarié le bien général.

Cette distinction est vraiment importante, et c'est faute de la saisir qu'on tombe, je crois, dans beaucoup d'erreurs. J'en vais citer quelques exemples.

Quand on détruit l'unité d'opérations convenable au commerce des Indes, unité représentée par le mot de privilège exclusif, et qu'on admet tous les négociants à ce commerce; on croit agir pour le plus grand nombre, parce qu'en efl'et on ouvre la carrière à un plus grand nombre de spéculateurs ; mais si cette concurrence élève le ])rix des marcbandises étrangères dans le royaume, et diminue dans l'Inde celui des marcbandises françaises, certainement l'intérêt public est contrarié, et ce qu'on a fait pour la pluralité des agents est un vrai dommage envers la nation.

Si par de pareils motifs , et pour donner au Languedoc une part plus grande ou j)lus directe dans le commerce de France avec les Jxhelles du Levant, on permet à cette province de suivre ce négoce directement, et d'en recevoir les retours dans ses ports, sans l'entremise de la ville de 5farseille , on croira faire céder l'intérêt du petit nombre de personnes qui conduisent le commerce de France au Levant, à l'intérêt d'un plus grand nombre qui veut s'en mêler, et l'on imaginera servir la pluralité.

3rais si cette permission accordée à la province du Languedoc, en augmentant le besoin des précautions contre la peste, accroit un peu la cbance de ce terrible danger ; ou si Faugmentation du nombre des marcbands français au Levant dérange des institutions favorables au soutien général des manufactures nationales; alors cette permission donnée pour l'intérêt d'un plus grand nombre de négociants devient contraire ù l'intérêt public , et l'on restreint la bienfaisance du souverain au lieu de l'étendre.

A combien d'autres objets ne s'appliqueraient point encore ces réflexions.

Qu'on abolisse les règlements qui rendent plus authentiques les mœurs, les talents et le caractère des personnes qui remplissent les différents états de la société; et que chacun soit, sans aucune formalité, médecin, avocat , notaire, agent de change; cette liberté mettra ces professions à la portée d'un beaucoup plus grand nombre de personnes, et l'on se croira peut-être bienfaisant envers la pluralité ; mais si toutes ces précautions servent, les unes, à préserver le peuple de livrer sa vie à des charlatans, It^s autres, à garantir la confiance publique, leur abolition fera le mal de la multitude.

Ne nous prévenons donc pas aveuglément contre toutes les attributions, tous les privilèges, toutes les barrières, et contre toutes les commissions enlin dounées à un petit nombre ; puisqu'il esl plusieurs de ces

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restrictions qui ne sont qu'un moyen d'atteindre au bien général. Ainsi, pour revenir plus particulièrement à mon sujet, lorsque des circonstances exigent des méuagements, du secret, de la promptitude ; c'est alors servir la société que de préférer l'activité particulière de telles ou telles personnes, au mouvement plus général , mais plus lent et plus incertain, de tous les négociants excités par des primes ; et s'assujettir sans exception à cette dernière méthode, par le désii' d'admettre au partage d'un bénéfice le plus grand nombre d'agents possible ; ce serait, à mon sens , se méprendre ; car ce n'est pas la distribution du bénéfice des agents qui devient ici le but de l'homme d'État, c'est le secours qu'il faut à une province, au peuple, à la nation entière ; et c'est ce bien qu'il faut faire de la manière la plus sùrc et la plus convenable '.

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