‹ Nécropoles puniques de CarthageChapitre 181 sur 220 · I. PI. CLXXIV.l · texte numérisé non relu

I. PI. CLXXIV.l

les formes usitées à l'époque protopunique. Seule, la croix ansée, si fréquente dans les tombeaux du vue et du vi' siècles, disparaît complètement, remplacée par l'anneau renflé, à extrémités enroulées en spirales. Un tube en or, fait dune seule plaque de métal embouti, présente un intérêt particulier au point de vue de la technique.

A mesure que Ton se rapproche du sommet de la colline de l'Odéon, le mobilier funéraire devient à la fois plus abondant et plus banal. Les types de basse époque, la lampe soucoupe à becs fermés, la lampe dite rhodienne, Yaskos, la hazzoula, la cassolette à couvercle, les fioles à parfum, les jarres à queue pointue éliminent peu à peu les poteries locales archaïques. Les vases sont déposés vides ; les lampes n'ont jamais été allumées. On les rencontre non seulement dans la chambre funéraire, mais dans le puits d'accès, accompagnant une ou plusieurs stèles à fronton triangulaire qu'ornent des bas-reliefs grossièrement taillés, ayant la prétention de représenter le défunt en orant. Un très barbare essai de portrait funéraire, représentant le même type en ronde bosse, est la seule statue carthaginoise découverte jusqu'ici sur la colline de l'Odéon.

Les bijoux sont rares et sans valeur. L'or n'est plus guère employé qu'à l'état d'alliage. Les pendants d'oreille, qui reproduisent presque invariablement le monotone modèle à spirales enroulées, sont faits tantôt en éleclrum, tantôt en bronze ou en argent plaqué d'une mince lamelle du précieux métal. Leur dimension varie de 0 m. 005 à 0 m. 03 de diamètre.

La médiocrité du mobilier funéraire contraste avec le soin apporté à la construction des tombeaux. Ceux-ci sont

creusés à une grande profondeur, qui varie de six à treize mètres. Le caveau, spacieux, est souvent bâti en grand appareil, stuqué à l'intérieur, et sa façade s'élève parfois jusqu'au niveau du sol antique. Le rite de l'incinération commence à être pratiqué concurremment avec celui de l'inhumation. Dans le même caveau, il n'est pas rare de rencontrer un coffret cinéraire, déposé sur un sarcophage qui contient encore un squelette. D'autre part, l'on réunit plusieurs morts dans le même tombeau, ce qui dans les sépultures plus anciennes ne se produit jamais que pour le mari et la femme. D'ailleurs, rien ne nous renseigne sur le sexe, l'âge, la condition sociale du défunt ; aucune inscription n'a été découverte au cours des fouilles, à part quelques graffites insignifiants, gravés sur des jarres. Il semble, mais ce n'est là encore qu'une hypothèse, que le nombre des unguentaria déposés à côté du mort soit en relation directe avec l'âge de celui-ci. Le nombre de ces fioles, parfois très considérable, ne dépasse pourtant jamais la centaine : dans les auges d'enfant, l'on n'en rencontre qu'une ou deux. La même remarque s'applique, mais d'une façon moins régulière, aux monnaies, aux lampes et aux pastilles de verre.

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