‹ Nécropoles puniques de CarthageChapitre 182 sur 220 · DÉCOUVERTES DU R. P. DELATTRE · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES DU R. P. DELATTRE

Le H. P. Delattre, directeur du musée Saint-Louis, a poursuivi, avec le concours pécuniaire de l'Institut et les ressources que lui procure la vente des doubles sans intérêt, l'exploration des caveaux funéraires taillés en plein tuf, et souvent à une grande profondeur, dans la colline voisine de Sainte-Monique. Les découvertes faites en

J 903, sans être aussi importantes que celles de Tannée précédente, présentent cependant un réel intérêt.

Les tombeaux fouillés remontent au ive et au nie siècle avant notre ère : les objets d'art qu'ils renferment portent presque tous le cachet, plus ou moins altéré, de la civilisation hellénique dont l'influence était alors prépondérante à Carthage. Il y a lieu de signaler surtout plusieurs disques en plomb, avec inscription bilingue, grecque et punique ; un assez grand nombre de statuettes de style grec, mais dont les types très variés sont particuliers à Carthage : déesse aux bras étendus, les poings fermés ; déesse mère debout, portant sur l'épaule gauche sa fille couronnée de la Stéphane, peut-être Astoreth et Tanit ; joueuses de lyre et de tympanon ; cavaliers à bonnet conique se prolongeant en arrière par un couvre-nuque ; Hermès criophore, coiffé du même bonnet; prêtre barbu, debout dans une attitude hiératique ; figurines grotesques de divers modèles.

Quelques épitaphes, sans grande importance, ont aussi été recueillies au cours des fouilles, ainsi que de nombreux et précieux bijoux.

D'une façon générale, à mesure que les recherches pratiquées dans la nécropole punique de Carthage se précisent et se complètent, elies jettent plus de lumière sur la façon dont les diverses espèces de tombeaux s'y trouvent répartis. Les sépultures se succèdent presque sans interruptions sur toute l'étendue de la ville des morts. Mais celles qui sortent de la banalité courante sont toujours réunies par groupes, quelle que soit d'ailleurs la particularité qui les distingue : soin apporté à

leur construction, richesse du mobilier, présence de sarcophages peints ou sculptés, d'objets rares el typiques tels que les œnochoés de bronze, les scarabées en pierre dure de style égyptisant, assyrien ou grec, les masques et statuettes de terre cuite, les hachettes à dessins gravés. Ces groupes, émergeant de distance en distance, comme des îlots dans l'immense étendue de la nécropole, représentent probablement autant de concessions particulières, réservées à de grandes familles, à des magistrats, à des prêtres ou à des collèges funéraires.

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