MONNAIES DE ,l' ANCIENNE AFRIQUE
La section véritablement intéressante et précieuse du médaillier de Constantine est celle qui contient les monnaies de l'ancienne Afrique. Elle a été beaucoup développée dans ces dernières années par M. Prudhonlme, qui
. 1. Elle serait cependant beaucoup plus riche, si l'abondante collection des stèles recueillies par Lazare Costa (cf. Const., sér. 2, VIII, 443 sqq.) était entrée au musée de Constantine, comme Arguel en exprimait l'espoir, datai., p. 307. Elle a été envoyée tout entière à Paris.
2. Plï. Berger,/. /.,p.l66et 187, etRech . des Ant. dans le X. dêVAfr.,
3. Judas, Const.j sér. 1, V, p. 1 sqq. ; VI, p. 57 sqq. ; X, p. 262 sqq. Cherbonneau partageait la manière de voir du D1' Judas. Cf. Const., sér. 2, II, p. 431.
lui accorde avec raison une importance particulière. On remarque surtout les monnaies de Cyrénaïque et de Zeugitane; la superbe collection des monnaies d'or, d'argent et de bronze de Garthage; celle des rois de Numidie 4, avec l'abondante série des types de Micipsa et de ses frères ; celle des rois de Maurétanie 2 ; puis les précieuses pièces frappées par différentes villes africaines, Sabrata, Hippo Diarrhytos3, Gazaupbala, Girta, Tamusia, Caesarea, Camarata, Seines et Tingis. Parmi les huit médailles de Girta, deux sont particulièrement rares 4 : ce sont deux grands bronzes, avec la têle de femme tourelée à gauche, et, au revers, la porte crénelée ou le cheval courant à gauche : l'une de ces deux pièces porte, en outre, un caducée en contremarque sur la tête de femme. Enfin le musée vient de s'enrichir d'une très précieuse acquisition, due à M. Prudhomme, à qui revient l'honneur de cette trouvaille. C'est une pièce numide 5, portant, au
1. Pour les monnaies de Numidie, particulièrement celles de Micipsa, consulter Louis Charrier, Descript. des monnaies de la Numidie. Bône, 1886. Carie, éditeur ; et les articles de Berger, Rev.arch., 1889, et Babelon, Rev. num., 1889, p. 393 sqq. Cf. aussi, pour cette série et la suivante, Muller, Numism. de Vanc. Afr., 1862, III, p. 1 à 52 ; p. 83 à 125; Babelon, Rech. des ant. dans leN. de VAfr., Paris, Leroux, 1890, p. 180 sqq.
2. La série maurétanienne est bien inférieure à la série analogue du Musée d'Alger, surtout pour les monnaies d'argent de Juba II. Cf. Doublet, Musée d'Alger, p. 26.
3. Cf. Const., sér. 2, X, pi. IV, grand bronze. Cf. Calai, sup., p. 115, dans Const., sér. 2, X.
4. Cf. Calai., 1996 = Const. , sér 2, X, pi. IV, 1996, el Calai., 1998, Calai, sup., 2315. On ne connaissait de la première médaille que trois exemplaires, au moment où Muller a publié son ouvrage sur la numismatique de l'ancienne Afrique. Muller, /. /., III, p. 60, n° 70 et note 1. Il les signale, sans les avoir vus et sans pouvoir en donner une reproduction. L'un de ces exemplaires, appartenant à Costa, a élé dessiné, Rev. num., 1856, pi. XIII, 1, p. 389-390.
5. Cf. Babelon, Bull, arch., 1891, p. 253-255. Prudhonnno, Const., 1891, p. 451-455.
droit, une lête laurée à barbe pointue, et, au revers, un éléphant, avec ces mots à l'exergue, le premier très net, le second caché sous l'oxyde :
Massinissa n.
hamamleket.
C'est une monnaie du roi Massinissa. Elle présente un intérêt d'autant plus grand que c'est la première pièce sur laquelle on trouve écrit, en toutes lettres, le nom de Massinissa : elle est donc d'une importance capitale pour le classement d'une série de monnaies au type du cheval, avec les deux lettres ] a à l'exergue, que l'on hésitait à attribuer au célèbre roi Numide.
Nous signalerons enfin une curiosité numismatique : c'est une monnaie de Jugurtha (?), frappée sur une monnaie d'Utique (?) : l'avers porte les traces de trois frappes successives, qui ont laissé l'empreinte d'une tête laurée à gauche, ressemblant un peu à celle de Jugurtha, et de deux têtes accolées adroite, les Dioscures *.
STELES
La collection des stèles est abondante : elles sont au nombre de plus de soixante, si l'on tient compte de tous