‹ Nécropoles puniques de CarthageChapitre 96 sur 220 · PI. CC VI · texte numérisé non relu

PI. CC VI

Enfin, le vendredi 3 février, on découvre deux grands tombeaux bâtis1, semblables an tombeau d'Iadamelek, découvert, en 1894, à la même profondeur (7 mètres). La chambre funéraire est fermée par une porte monolithe, qui s'applique exactement contre la façade; elle est construite sur un plan rectangulaire en dalles de tuf soigneusement éqnarries, de grandes dimensions.

Le toit plat est protégé contre la poussée des terres par une série de monolithes, contrebutés en dos d'âne que masque en avant la façade surélevée. Il est doublé à l'intérieur par un plafond en cèdre, qui s'est effrité, et dont les débris, couvrant la surface du sol, tombent en poussière sons la poussée du doigl ; les parois sont revêtues d'un stuc éclatant de blancheur, qui se détache en lamelles épaisses d'un centimètre.

Au fond de la chambre, une petite niche carrée, que l'on croirait ménagée pour recevoir la lampe éclairant Là chambre, est trouvée vide dans le premier tombeau; dans le second, elle est occupée par deux poteries.

Le mort est étendu directement sur le sol, sans cercueil, revêtu de ses plus beaux bijoux, et entouré de quelques poteries fines el légères. Les jarres de grande dimension sont accumulées dans un coin.

Le premier caveau esl occupé par deux squelettes, le mari el la femme; l'homme porte au doigl un anneau d'argent, avec scarabée en cornaline enchâssé dans un cercle d'or; la femme a un pendanl d'oreille, une pendeloque de collier, une bague avec uraeus ailé el deux Colombes sur le chaton, le tout en or massif. Pas

(I autres bijoux, beaucoup de poteries, mais ordinaires. 1. PI. XVI, XVII.

Le deuxième caveau ne renfermait qu'un corps d'homme ; la place ménagée pour le second cadavre est restée libre. Un seul anneau d'argent, avec scarabée en pâte de verre, deux cylindres d'or, un canthare et une coupe en bucchero nero, des poteries.

Ces deux tombeaux sont moins riches que ne permettait de le supposer le soin apporté à leur construction. Il n'en est pas de même d'un troisième caveau maçonné, situé entre les précédents, un peu en arrière et plus haut. Il est moins grand, et d'une architecture moins parfaite : pas de plafond en cèdre ni de parois stuquées, pas de niches; mais le mobilier funéraire est d'une richesse inouïe.

Le squelette, celui d'une femme, peut-être d'une prêtresse, est étendu, le crâne tourné à l'est vers la porte : il tient encore dans la main gauche un grand miroir en bronze, dans la droite, de lourdes cymbales de même métal. Le poignet gauche disparaît sous un bracelet de perles, de scarabées, de figurines diverses ; au bras droit sont enfilés plusieurs anneaux d'argent et d'ivoire. Les doigts sont chargés de bagues d'argent et d'un anneau d'or, avec quatre cynocéphales 2 gravés sur le chaton ; à l'oreille gauche, un pendant d'or avec la croix en tau; au cou, un grand collier d'or massif formé de quarante éléments de formes variées, symétriquement disposés de part et d'autre d'une broche centrale, figurant un

1. [C. R. de l'Acad. des Inscript., 1899, p. 104-lGr». — PI. XVIII.]

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