‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 15 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE III

« elle, je lui dis geul^ment qu'il falloit que les AUeina>iids ^ eussent gagné son cœur^ en se déclarant pour le prince « JacqueSf et que fadmirois comment on le perdoit en se « déclarant pour le prince Alexandre ; que, si elle prétendoit « de Votre Majesté la déféreuce dont elle m'avoit parlé , il « falloit, ce me semble, la mériter par quelque avance et « s'abandonner un peu plus qu'elle ne faisoit.

« Ensuite elle me parla de la nouvelle proposition des rentes, « mais, avec cette diJBTérence, qu'elle ne prétendoit les prendre <( qu'après l'élection, étant bien aise de voir auparavant s'il y « auroit lieu de s'en servir à couronner son fils. Je répondis « à cela, pour ne m'ouvrir pas davantage, qu'elle étoit la « maîtresse, mais qu'elle prit garde seulement que la paix « d'Italie n'entraînât la paix générale, parce qu'alors il étoit « bien sûr que Votre Majesté ne prendroit plus d'argent à « titre onéreux. »

L'abbé de Polignac finit par déclarer à la Reine que Louis XIV n'avait jamais songé à faire élire le roi d'Angleterre (Jacques II). Il terminait sa lettre en demandant deux cent mille écus ou huit cent mille francs par le retour du courrier, afin que la somme fût arrivée avant la fin de la Diète ; et, de plus, l'assurance positive que trois millions, destinés au payement des troupes, seraient sans faute à Dantzick lorsqu'il aurait, comme ambassadeur de France, son audience de la Diète d'élection. Il rappelait encore l'élection de Henri III, et suppliait Louis XIV « de vouloir bien se faire lire la « harangue de Jean de Montluc, évéque de Valence, et les

a autres actes de celte élection qui se trouvent dans le Recueil « des Traités au second tome, depuis la page 599 jusqu'à la « page 610; » des fonds, d'ailleurs, lui' étaient nécessaires pour figurer honorablement à la Diète ; les Sénateurs et les Nonces arrivaient en foule à Varsovie, pour en faire l'ouverture le 29 août prochain, m Je finis, » disait -il, « cette longue « dépêche en assurant Votre Majesté que, si quelque chose « manque à ce que j'ai pris la liberté de lui proposer pour « le succès infaillible de cette entreprise, non seulement il « vaudra mieux ne pas le tenter, mais il faudra se résoudre « à voir élire l'un des princes de Neubourg par choix, ou te « prince Jacques par dépit (1). »

(t) Dépêche de l'abbé de Potignac au Roi, 97 août 469^.

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