PREMIÈRE PARTIE, CHAPITKe IV
somme au Trésorier de Lithuanie, et une bague de deux mille écus au cardinal Radziouski. II ne parlait, du reste, aux Polonais de la candidature du prince de Conti que comme d'une idée à lui personnelle, au sujet de laquelle il attendait l'agrément de Louis XIY. Le candidat sérieux opposé au prince de Conti était donc toujours le prince Jacques. L'armée confédérée continuait ses ravages dans le Palatinat
N indignaUon contre Betbsal ; ils Pavoient accusé de concussion et de H sacrilège : le premier crime n'avoit pas été difflcile à prouver ; i'auteur M avolt été convaincu du second par tous ceux qui avoient fait entrer des H marchandises étrangères dans le Royaume. Ce Juif, qui en avoit a affermé les Douannes, faisoit venir les marchands devant lui, leur M présentoit un crucifix et, après le leur avoir fait adorer, exlgeoit leur H serment qu'ils n'avoient point fait de fraude; U Jettolt ensuite celte N précieuse image dans Pendroit le plus sale de son bureau, et, par u cette profanation. Irrita contre luy le reste de la Pologne. La Diète, tt assemblée à Grodno en 1602, vouloit lui faire perdre la vie. Les M Évèques croyoient qu'il n'y avoit que le feu qui pût expier ses M crimes; la plupart des Sénateurs opinoient à quelque autre genre de M mort et les sentiments ne varloient que sur la différence du supplice, u Le Roy, qui préside à ces Jugements, n'est pas obligé de prononcer « suivant la pluralité des suffrages, mais l'acUon auroit été odieuse dans H cette conjoncture. Le Prince qui, sans se servir de son autorité, vou- H loit conclure à la douceur, déclara que les preuves ne lui parolssolent N pas suffisantes; Taflàire demeura indécise; l'accusé perdit son crédit, tt mais son malu-e lui sauva la vie. Cette Indulgence fut attribuée à un Il autre moUf que celuy de la clémence. Bethsal avolt gouverné si mal u ses affaires, qu'il étolt reiiquataire au Roy de quatre cent mille livres. u On crut que le Prince vouloit luy donner le temps de s'acquitter. Ce M Juif mourut insolvable en 1095 et le Roy ne survécut que d'une année. M Les Polonois, qui virent que la mort du Prince et de son fermier u rendoient leurs plaintes et leurs vengeances InuUIes, firent éclater M dans la suite leurs ressenUments contre la Reine et sa famille. « (La BiZARDiàas, Sdisian de Pologne.)
de Russie, aux environs de Léopold, et pillait les terres du feu Roi, de la Reine et du Clergé; elle menaçait même de s'en emparer, si la Diète ne faisait pas droit à ses réclamations. Elle exigeait un arriéré de solde de dix années pour trente mille hommes, quoique depuis longtemps son effectif eût été réduit à douze ou treize mille soldats. Le temps pressait ; il fallait donner aux envoyés de l'armée une réponse qu'ils attendaient depuis huit jours. Dans la séance du 22 septembre, il fut décidé qu'on engagerait pour trois cent mille écus les domaines de la Couronne. C'était un moyen de forcer le roi qui serait élu à tenir les promesses d'argent qu'il ^pourrait faire, obligé qu'il se trouverait, en montant sur le trône, de dégager ces mêmes domaines.
Le parti allemand avait fait demander, dans plusieurs des petites Diètes du mois de juillet, qu'on signifiât à l'ambassadeur de France de quitter Varsovie pendant tout le temps que s'y tiendrait la Diète de convocation. L'abbé de Polignac avait répondu de suite que, quand même toutes les petites Diètes auraient été d'accord sur ce point, elles ne pouvaient pas prendre de pareilles mesures, qui n'appartenaient qu'aux Diètes générales. Il ne faisait, du reste, aucune difficulté à cet égard, s'il existait une loi, ou si même on en faisait une pour la circonstance. Mais, en ce cas, il fallait que, comme lui, tous les ministres étrangers se retirassent. Le Maréchal de la Diète, qui avait été chargé de faire cette communication à l'abbé de Polignac, lui répondit qu'il pouvait y avoir exception pour certains ambassadeurs ; par