‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 20 sur 115 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

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La Diète de convocation rompue, il fut décidé, à la suite d'une délibération du Sénat, à laquelle adhérèrent tous les nonces, qu'on dresserait un acte de confédération de toute la noblesse pour sauvegarder la liberté de la prochaine élection (4).

La Confédération générale décida que la Diète d'élection serait fixée au 15 mai, et que l'élection serait faite en pleine campagne par la Pospolite. Cette décision ne trouva d'opposition que dans une quinzaine de sénateurs et autant de nonces du parti de la Reine, qui, personnellement, en fut fort affligée.

Retirée à quelques lieues de Varsovie, elle fut soupçonnée

(i) H Le remède aux Diàtes rompues, c'est une confédération dans H laquelle on décide à la pluralité des voix, sans avoir égard aux prou testaUons des Nonces, n (Coyer, Histoire de Sobieski, I, p. 59.)

u Si la Diète de convocation est rompue, le parti le plus nombreux u ne manque jamais de se confédérer. n (Ms. de la Bibl. imp., suppl. fr. 4929, f 132).

de s'introduire avec le prince Jacques dans les faubourgs de cette ville, pour faire changer Tépoque de Télection. Les partisans du prince Jacques furent plus osés ; ils répandirent en Pologne un écrit intitulé : Raisons gui empêchent que les Polonais donnent la couronne à un prince de France. Malgré cet écrit, l'abbé de Polignac assurait à Louis XIV que le prince de Conti devenait populaire. Il avait vu sans déplaisir la République de Pologne commencer cette confédération générale, pour les décisions de laquelle le consentement unanime n'était pas exigé, et que, par conséquent, nul ne pouvait rompre à son gré, par une abstention calculée. Il tenait beaucoup à ce que la Diète d'élection fût reculée au-delà du mois de novembre, pour donner à l'argent attendu de France le temps d'arriver ; il alla trouver ses amis politiques, leur montra la nécessité de différer la convocation de cette Diète, pour que les gentilshommes des provinces éloignées pussent s'y rendre, et leur fit comprendre que, s'il n'en était pas ainsi, la grande Pologne ferait à elle seule l'élection. La principale difficulté à surmonter, pour faire triompher la candidature du prince de Conti, étant la prévention des Polonais contre le nom français, prévention qui remontait à Marie-Louise de Gonzague et que Marie-Casimire d'Arquien n'avait fait qu'entretenir, l'Ambassadeur comprit qu'il lui faudrait quelque temps pour la faire disparaître complètement (1).

(i) Dépêche de l'abbé de Polignac, 28 septembre 1690.

PREMIÈBE PARTIE, CHAPITRE V. 57

L'armée de Lithuanie, qui avait entendu dire que le prince de Conti consentait, s'il ëtait élu; à contribuer au payement de sa solde, fit offrir ses services à l'ambassadeur de France par le prince Czarstorinski. L'abbé de Polignac ne répondit pas sur-le-champ et manda cette ouverture à Versailles. « J'ai « pris, » écrivait-il, « du temps pour examiner la proposition « avant que d'y répondre, parce que je l'ai trouvée un peu « dangereuse , et je ne m'en suis servi que pour conférer « avec le Trésorier de la Couronne sur la manière dont je <( pourrois me prévaloir de cette conjoncture sans offenser la « République. »

L*abbé de Polignac ne trouva pas les mêmes inconvénients à accepter les offres de service que lui fit le prince Czarstorinski en son propre nom ; il lui emprunta quatre mille écus, à la princesse Czarstorinska, sa femme, quatorze mille écus en pierreries, et quatre mille à la sœur de la Princesse (1).

Louis XIV n'avait pas pu, par le retour du courrier du 27 août, envoyer à Dantzick Targent que lui demandait son ambassadeur. Le prince de Conti vendait ses terres pour s'en procurer, et, dans le moment actuel, il ne pouvait disposer que de deux cent mille écus. Le Roi ne dissimulait pas qu'il trouvait un peu excessive la promesse de trois millions faite par Tabbé^de Polignac ; il demandait si Ton ne pourrait pas se contenter de cinq cent mille écus, ou, au plus, de deux millions, et s'il fallait envoyer à Varsovie un agent du prince

(I) Dépêche de l'abbé de Polignac, 28 septembre 1696.

de Coftii, lorsque Targent serait à Dantzick (4). Huit jours après , le Roi eipédiait à Danizick des lettres de change , payables fin novembre, pour une somme de deux cent mille écus; il promettait, en outre, dans le plus bref délai possible, deux cent mille francs.

Tout en approuvant les engagements pris par Tabbé de Polignac, Louis XIV lui recommandait d'éviter désormais d'entrer avec qui que ce fût dans la discussion des promesses faitespar le marquis de Béthune; les dons actuellement faits devaient être regardés comme des gratifications et non comme l'acquit des dettes passées. Il fallait aussi faire envisager à Lubormiski, grand-trésorier de la Couronne, que les revenus dont il allait être le mattre pendant un aussi long interrègne, pourraient lui donner les moyens de faire des avances dont il serait récompensé par le prince de Gonti, si la candidature de ce prince était couronnée de succès.

(I) Lettres du Roi, S3 septembre, 4, il et 35 octobre 1690.

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