PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE YII
Alexandre ou TÉIeeteur de Bavière ; de son côté, elle prenait rengagement, si ni l'un ni Tautre ne pouvaient réussir, de faire entrer tous ses amis dans le parti du prince de Conti ; en attendant, elle devait aider de son argent Tabbé de Polipac, à condition que les avances à lui faites seraient ajoutées au contrat de rente que Louis XIV lui accorderait sur les postes de France. Cette proposition était de tous points acceptable, si elle eût été sincère; les instructions que l'abbé de Polignac avait reçues lui faisaient un devoir d'y donner suite : la Reine ne l'ignorait pas. L'Ambassadeur ne tomba cependant pas dans le piège qui lui était tendu et que la veuve de Sobieski aida elle-même à découvrir. En effet, après cette entrevue, elle fit courir le bruit que le nom du prince de Conti n'était qu'un prétexte dont l'ambassadeur de France se senait pour entraver la candidature du prince Jacques et celle du prince que devait soutenir l'Empereur, mais qu'elle était assurée que Louis XIV reviendrait au prince Alexandre ou à l'Électeur de Bavière; que, d'ailleurs, la France ne pourrait jamais payer les trois millions promis par l'abbé de Polignac.
Accueillie comme véritable, cette nouvelle ne laissa pas que de produire le plus mauvais effet dans le parti français, dont les membres les plus influents vinrent trouver l'abbé de Polignac ; ils lui demandèrent s'il était vrai qu'il les eût abandonnés. Dans ce cas, par haine pour les deux Princes, ou plutôt pour la Reine, qui les soutenait, ils étaient décidés à se jeter dans le parti allemand ; Tarabassadeur de France n'eut
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pas de peine à les désabuser, et, de peor qu'il changeât de ligne de conduite, on lui fit promettre de ne jamais proposer un autre candidat que le prince de Conti (1).
(4) Lettre de Pabbé de Polignac au Roi, S novembre 1696.