‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 27 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE Vlli · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE Vlli

a récompenses de la part du roi futur doivent avoir été « suffisantes.

m Enfin, si vous trouvez quelque moyen de diminuer a rétendue des promesses que vous avez faites, vous m*en « rendrez compte avant que de suivre les vues que vous « pourrez avoir à ce sujet. »

Le prince de Conti, auquel les traités du 8 et du 24 octobre avaient été communiqués, tout en remerciant Tabbé de Polignac du zèle dont il avait fait preuve, ne lui dissimula pas rembarras que lui causaient les engagements pris en son propre nom. Le 6 décembre il écrivit à l'ambassadeur de France :

a C'est avec beaucoup de plaisir, Monsieur, que j'ai vu, « dans les lettres que vous avez écrites au Roi, le progrès de « vos négociations, les traités que voqs avez faits avec plusieurs « sénateurs et la plus grande partie de la Prusse, et tous les « engagements que tous ces seigneurs ont pris avec vous « pour m'élever sur le trône de Pologne. Recevez donc, dans a cette lettre, les remercfments sincères que je vous fais de « toutes les peines que vous vous donnez pour mes intérêts, « et ne trouvez pas mauvais que j'y joigne quelques réflexions « sur des articles que j'ai lus dans le traité fait avec la « Prusse, qui m'ont paru un peu durs à soutenir et à l'exécute tion desquels il est difficile que je puisse consentir, pour « ne pas dire impossible.

« Je commencerai par celui de la prise de Kaminiec à « mes dépens avant le couronnement et à peine de nullité

78 NÉGOCIATIONS DE L'aBBÉ DE POLIGNAC.

« de rélection ; il est vrai que cette dernière clause n'est pas « insérée dans le traité, mais elle est dans l'éloquente lettre « que vous avez écrite à M. TÉvéque de Cujavie, et par consé- « quent publique. Vous savez, Monsieur, que les paroles des « princes doivent être sacrées, et que c'est mal entrer dans « la carrière des affaires que de commencer par les violer ; « et comment donc promettre, sous des conditions onéreuses, « de s'engager à une entreprise dont l'exécution est si difficile « qu'un Roi, dont les vertus militaires sont reconnues par m toute l'Europe, n'a pas osé l'entreprendre pendant un règne « de plus de vingt années? Ainsi, je me trouverois obligé, ou « à manquer à mes promesses, ce que je ne puis ni ne veux « faire, ou à commettre ma réputation et même mon établis- « sèment à l'avènement douteux d'une entreprise incertaine « et peut-être impossible. Je ne doute pas que les réflexions a judicieuses que vous ferez là-dessus, jointes aux miennes, « ne vous en disent plus que je ne pourrois vous en dire; ainsi, « je passe le reste. Je vous avoue que j'ai été fort surpris de « voir l'article par lequel vous voulez que je renonce à la « réformation de la Reine; c'est un usage établi de tout a temps pour subvenir aux dépenses qu'une Reine est obligée « de faire dans cette place et pour la rendre moins à charge à « un roi. Cette clause n'a jamais été insérée dans aucune des « élections précédentes; dois-je y consentir. Monsieur? Je « vous en fais juge vous-même ; et n'est-ce pas une espèce « de dégradation, et qui doit moins tomber que jamais sur a des personnes qui, par le sang dont ils ont l'honneur d'être

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