CHAPITRE X
LA itfTOLTI Dl L'Alllil Dl LITHOARII IST APAISil. — TIAIT< Dl GIOORO. ^ LA COHWi- OiHATION Dl l'aimai Dl POLOail CORTIRUI. ~ PIOftAks DU PAKTl riAHÇAlS.
La noblesse des palatinats, qui n'avait aucune sympathie pour le prince Jacques Sobieski, n'en avait pas davantage pour la Reine douairière, qu'elle accusait d'entretenir l'armée de Lithuanie dans l'état de rébellion où elle persistait. Pour comprimer un tel désordre, dont on ne prévoyait pas le terme, Casimir Sapieha assembla ce qu'il put de noblesse, avec deux mille hommes de troupes réglées qui étaient restées dans le devoir ; il marcha droit à l'ennemi et parvint à investir, à Brzesk, Oginski et son armée. Il la serrait si étroitement qu'on devait espérer que le défaut de vivres et l'amnistie que l'on proposait la feraient rentrer dans le devoir. Les menaces et les promesses furent également inutiles; il fallut donc employer la force. Le Palatin de Vilna attaqua les rebelles au mois de novembre et eut d'abord tout l'avantage. Les confédérés avaient plié, lorsqu'Oginski, par son exemple et ses
paroles, les ranima et les fit combattre avec tant de vigueur, qu'après une action de plus de deux heures, ils repoussèrent Sapieha. Le Grand-Mattre du duché, son fils atné, commandait en Samogitie un petit corps d'armée qui fut mis en déroute; obligé de fuir, il se renferma dans un de ses châteaux et s'y défendit jusqu'au moment où l'on put le dégager. « Cet échec augmenta la colère du Palatin de Tilna ; « il se crut vaincu parce que ses ennemis avoient osé lui « disputer la victoire. Les confédérés, de leur côté, ne « comptoient pas pour un avantage une action qui leur avoit « coûté tant de monde; ils se retranchèrent, et le Palatin vint « une seconde fois pour les forcer. Ils se défendirent avec le « même courage qu'au combat précédent ; la perte fut égale, « les deux partis accusèrent également la fortune et écoute tèrent la raison (1). »
Dans le même temps, les soldats de Sapieha s'emparèrent des dépêches qu'un courrier du Palatin de Witepsk portait à la Reine. Krzispin la conjurait d'envoyer de nouveaux secours d'argent, sans lesquels on ne pouvait tirer Oginski du danger ou il était. Sapieha, auquel ces lettres furent remises, les envoya dans toutes les petites Diètes du royaume et dénonça la Reine comme seul auteur de la révolte de Lithuanie. L'abbé de Polignac, qui prévoyait avec raison que cette révolte serait un obstacle au succès de la candidature du prince de Conti, engagea vivement le Petit-Maréchal de Lithuanie, fils du
(l) Scission de Pologne.