‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 4 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE I

Dans la nuit du 47 au 48 juin, le corps de Sobieski fut transporté de Yillanow, où il était mort, au château de Varsovie. Là il fut mis sur un lit de parade et y demeura exposé, recouvert des ornements royaux. Le cardinal Michel Radziouski, informé de la mort du Roi, arriva aussitôt à Varsovie, accompagné de plusieurs sénateurs. Les grands officiers de la Couronne allèrent au-devant de lui. Il ft dans la ville une entrée solennelle et prit possession du gouver* nement, qui lui appartenait pendant l'interrègne, comme archevêque de Gnesme et primat du royaume. II alla ensuite visiter et reconnaître le corps du feu roi et fit mettre à ses pieds la couronne royale. Ces formalités remplies, il s'occupa de la convocation de la Diète, qui devait donner à Sobieski un successeur, ou, tout au moins, en préparer l'élection.

La nouvelle de la mort du roi de Pologne fut portée en France par un Hongrois nommé Helkener, que l'abbé de Polignac expédia de Varsovie le 19 juin. Ce courrier arriva à Versailles, le 5 juillet, avec des dépêches écrites par l'ambassadeur deux jours après l'événement. A cette date,

à cette princesse tout ce qu'elle et ses enfants avaient à craindre ù la mort de Sobieski ; mais, soit que la Reine ne crût pas le danger aussi Imminent, soit qu'elle se refusât, sans le dire, à servir la politique française, elle s'excusa de son mieux, en alléguant précisément la frayeur que le roi de Pologne avait de la mort et prétendit que cette crainte empéeheroU toujours les mesures qu'on voudroU prendre pour sa succession. Bref, l'abbé de Polignac, n'ayant rien pu obtenir, mit son insuccès sur le compte de la faiblesse de Sobieski. (P. Faucher, Bisl. du cardinal de Polignac)

l'abbé de Polignac ne pouvait encore connaître l'état des esprits, ni renseii^ner la cour de Versailles sur le successeur probable de Sobieski ; il se bornait à dire que les Polonais, mal disposés pour la Reine, éliraient, selon toute apparence, un prince étranger plutôt qu'un des fils du feu roi, et qu'un candidat allemand semblait tout d'abord avoir le plus de chances. En attendant des instructions, l'abbé de Polignac se tenait sur la réserve et donnait l'assurance à Louis XIV qu'il ferait réussir un candidat français, si tel était le désir du Roi. En tout état de cause, il demandait de l'argent, aussi bien pour appuyer que pour combattre telle ou telle élection : « Je ne proposerai personne, écrivait-il à Louis XIV, et « verrai venir les concurrents ; mais je supplie très-humble- « ment Votre Majesté de considérer que, pour l'exclusion « même des sujets désagréables, les paroles, les remontrances « et les promesses générales ne suffiront jamais, et que, dans « la disposition où je vois les esprits, si quelque prince du « sang de Votre Majesté, pour lequel je verrois ici du « penchant, me permettoit, ou Votre Majesté pour lui, de « l'engager à des gratifications, fortes à la vérité mais non « pas impraticables, j'oserois bien répondre du succès en sa « faveur. )>

Quoique les partis ne fussent pas nettement dessinés, il était facile de voir que l'Autriche redoutait l'influence française et craignait que l'abbé de Polignac n'appuyât l'élection d'un des fils de Sobieski. Ce parti allemand voulut essayer d'éloigner l'ambassadeur de France. Une loi polonaise lui en

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