PREMIÈRE PARTIE, CHAPiTRE I
donnait le moyen ; il Tinvoqua avec plus d'empressement que de loyauté. Pour parer à cet inconvénient, Tabbé de Polignac pria le roi de France de lui envoyer de nouvelles lettres de créance pour le cardinal Radziouski, régent de Pologne, de manière à ce qu'il pût les recevoir avant la Diète générale. Le 28 et le 29 juin, le cardinal Radziouski avait réuni les grands généraux de Pologne et de Lithuanie, les évéques et les sénateurs qui se trouvaient à Varsovie. Il fut décidé dans cette assemblée que les Universaux (lettres circulaires) seraient envoyés dans tous les Palatinats pour y faire connaître la mort du feu Roi et convoquer les petites Diètes le 27 juillet, la grande le 29 août (1). La Diète générale devait durer au moins trois semaines; on devait y régler l'époque et la durée de la Diète d'élection, ainsi que le mode à employer pour l'élection du nouveau roi, soit qu'elle dût être faite par les nonces (2) (députés des Palatinats], chargés d'un
(i) H Avant que de tenir une grande Diète, c'est la coutume en H Pologne d'en tenir des petites dans tous les Palatinats. Il faut qu'elles M soient publiées trois semaines avant qu'on les puisse tenir et qu'elles u se tiennent six semaines avant la grande Diète. Pour cet effet» le Roi « (et pendant l'interrègne le Primat du royaume) y envoyé ses Univer* u saux pour les faire assembler et marquer le jour de la Diète générale. H Ces petites Diètes, où tous les genUlshommes ont le droit d'assister, H élisent leurs nonces, c'ost-à-diro leurs députés auxquels on donne une M instruction contenant tout ce qu'ils doivent accorder ou refuser dans M la Diète générale, n (Hautevillb, Rilatian hi$L de Pologne^ p. 199.)
(3) Ces nonces ont été établissons le règne deCasimir III (4335-4370), lorsque, pour trouver les moyens de payer l'armée, il ordonna d'envoyer à la Diète des députés de cliaque Palatinat. Depuis ce temps, aucune Diète générale n'a été tenue sans les nonces de tous les Palatinats.
pouvoir spécial, ainsi que cela avait eu lieu lors de Télectiou de Sobieski, ou par l'universalité des nobles Polonais et Lithuaniens convoqués en pospolite, comme à l'élection de Michel Koribut. On prit aussi plusieurs mesures pour maintenir l'intégrité du territoire en même temps que l'ordre à l'intérieur. Le comte Czerni, fils du Castellan de Sandeck, fut nommé envoyé extraordinaire de la République de Polotpie auprès de la cour de France et chargé de notifier à Louis XIV la mort de Sobieski. Czerni avait servi en France dans le régiment de Greder-Àllemand.
Cette première assemblée, de si courte durée, avait déjà fait des mécontents. Elle fut cause d'une division entre la grande et la petite noblesse de Pologne. La première aurait voulu que la Diète d'élection fût convoquée à la fin de novembre, espérant que la plupart des gentilshommes pauvres ne pourraient alors venir à Varsovie, ni camper, eux et leur suite, dans les environs de cette ville, où les fourrages, les vivres, toutes les denrées enfin, seraient, à cette époque, hors de prix. La petite noblesse, au contraire, désirait que la Diète fût reculée jusqu'au mois de mai. Radziouski ne laissa pas apercevoir sa façon de penser; il était évident, pour tous, qu'il était bien aise de faire durer l'interrègne le plus longtemps possible. Il donna à son neveu, le comte Twienski, la mission en France pour laquelle le comte Czerni avait d'abord été désigné ; mais, pour ne pas encourir le reproche de trop favoriser les siens, il parut en cela céder aux demandes de la veuve de Sobieski, qui lui avait recommandé