‹ Négociations de la̓bbé de Polignac en Pologne concernant le̓́lection du prince de Conti comme roi de PologneChapitre 46 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE XllI · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE XllI

4( Cujavie, d'octobre 1696), qui produit tous les jours mille « réponses désagréables pour la France. Je vous dois dire « cependant, mon pauvre cœur, que nos affaires ne sont pas « si décousues que le dit H. dePolignac, et je vous assure que « je sais bien que j'ai une bonne partie de ceux qu'il croit « avoir. Il perd au Roi tous les vrais amis qu'il avoit ici, et, « s'il dit autrement, il perd le Roi son mattre. »

La reine de Pologne mandait en outre à sa sœur que le prince de Conti n'était poi ausfi sûrement roi que l'abbé de Polignac voulait le persuader à Louis XIV, et qu'il était plutôt à craindre que la manière d'agir de l'ambassadeur français n'en fît élire tout autre, si ce n'était pas un des fils de Sobieski ; que pas un autre prince étranger n'aurait songé à cette couronne, en réfléchissant que Sobieski laissait trois fils et un gendre (l'Électeur de Bavière) dignes de la porter, si l'abbé de Polignac n'avait pas mis sur les rangs le prince de Conti, et que personne, du reste, n'y avait encore pensé, tant on avait d'égards pour la maison royale. Le prince de Conti voulait donc enlever une couronne qui, eu égard aux mérites du feu Roi et aux services qu'il avait rendus à la nation polonaise, devait rester dans sa famille. L'abbé de Polignac disait partout que la Reine parlait mal du prince de Conti. Elle avouait qu'elle ne louait pas ce prince et qu'elle voyait avec chagrin ceux qui lui donnaient des éloges; jusqu'au moment de l'élection, elle ne devait pas varier dans cette ligne de conduite ; après, au contraire, elle serait ravie de lui rendre service ; mais jusque là elle bornait son oppo-

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sition à demander pourquoi il avait été exilé , lorsque, devant venir en Pologne, il avait été en Hongrie ; elle ne cachait pas qu'elle aurait voulu en savoir plus de mal pour le divulguer. Le prince de Conti était la propre cause de Tanimosité que la Reine témoignait centre lui, en venant traverser Télection de ses enfants. Selon toute apparence, il ne devait pas réussir, et cette candidature, pensait la Reine, ne devait avoir d'autre résultat que de faire élever sur le trône de Pologne un prince ennemi du roi de France, ce que n'étaient pas les princes Sobieski.

Sincère ou non, cette lettre ne laissa pas que d'avoir une certaine influence sur l'esprit de Louis XIY.

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